23.06.2008

Nous n’allons pas travailler seulement pour payer nos factures

 

"Ne dramatisons pas l’inflation ! L’inflation n’est pas insupportable», a affirmé Guy Quaden, patron de la Banque nationale. « La baisse du pouvoir d’achat, ce n’est pas un problème, c’est une impression des gens», a ajouté le patron des patrons Pieter Timmermans (FEB). Voici une lettre en réponse :

« Le plus dur dans les fins de mois chez les pauvres, ce sont les 30 derniers jours » disait Coluche.

 Lorsque vous dites que « l’inflation n’est pas insupportable » ou « que cela ne concerne qu’une minorité des Belges » comme vous l’avez déclaré dans le journal « l’écho », parliez-vous de vos camarades actionnaires qui ont vu leurs revenus d’actions grimper en flèche ces dernières années ? Ou bien vos amis, grands managers, aux salaires astronomiques (Ex :M Thijs patron de La Poste, qui ne cesse de fermer des bureaux de poste, avec un salaire annuel de 900.000 eur) ?

 A moins que vous ne pensiez aux allocataires sociaux et aux millions de « travailleurs pauvres » que votre « magnifique » système libéral a engendré en 20 ans dans notre pays ? Je me doute qu’une inflation de 4% ne doit pas trop ennuyer vos amis pour qui, le prix du pain, du gaz, du lait etc…n’est pas un problème de fin de mois. C’est plutôt le prix de l’or, qui bat record sur record, qui doit les chagriner.

 Comme je n’aime pas les grands discours, je vous soumets le cas d’un ami qui travaille tous les jours. Employé dans une société de nettoyage, il fait son « devoir » d’exploité 5 jours par semaine et en équipe de 6-14 et 14-22. Il fait partie des millions de salariés que compte notre pays qui sont dans le même cas. Il vient de recevoir sa feuille d’impôt et, quelle ne fut pas sa surprise en découvrant qu’il devait rembourser un montant de 1611 eur supplémentaire à l’administration des impôts. Analysons ensemble : sur un salaire imposable 23753 eur, il à déjà versé 5675 eur de précompte (au passage, qui encaisse les intérêts de ce précompte que je laisse tous les mois, alors que mon employeur lui, les reversent tous les 3 mois ?). Résultat il lui reste : 23753-5675-1611= 16467 eur. Si on les divise par 12, il obtient la somme « faramineuse » de 1372 eur net par mois !!!

 Que représente 1372 eur pour vivre un mois ? Le 1er du mois il paye son loyer : 425 eur,son chauffage 87 eur et son électricité 54 eur (merci electrabel),l’ abonnement de bus 30 eur (c’est con, il ne va même pas travailler à pied). Comme son employeur veut diminuer le coût salarial, il n’a pas d’assurance groupe, donc mon ami qui voudrait en fin de carrière avoir un peu plus que la pension légale (même si celle-ci est encore bien trop grande à vos yeux), il cotise pour une pension complémentaire à raison de 67 eur par mois. La cotisation administrative et le fond de réserve pour sa mutuelle est de 84/12=7 eur. Son timbre syndical (pas défalquable) est de 13 eur. La taxe TV, 142/12=11,80 eur et pour s’en servir, il paye 13 eur à télédistribution. La taxe urbaine 95/12= 8 eur. Les taxes régionales et provinciales ainsi que l’environnement sont à 4 eur par mois. Je m’arrête-là, je dois encore oublier l’une ou l’autre taxe. Comme le gouvernement précédent libéral-socialiste a fait une campagne « internet pour tous », il a pris un abonnement de 39 eur. Il a 15 eur de frais pour son GSM (il pourrait s’en passer mais comme cela fait tourner l’économie, ça arrange vos amis) . Il lui reste donc le 1er de chaque mois au soir une « magnifique » somme de 577 eur. Si on la divise par 30, il peut dépenser chaque jour 19,33 eur pour se nourrir, se vêtir, ses loisirs, ses vacances (il n’en prend pas), se soigner (au cas où il aurait la malencontreuse idée de tomber malade), acheter le journal, aller chez le coiffeur et se laver (en plus d’être pauvre, il veut pas être « puant », quelle drôle d’idée). Il mange pas tous les jours du caviar mais bon… Comme il est amoureux, il doit économiser pendant 3 mois pour offrir, une magnifique soirée à la pizzeria à l’élue de son cœur !! Et vous avez remarqué, il n’a même pas une voiture.

 En y regardant de plus près, je comprends mieux que les travailleurs fassent grève pour des augmentations de salaire (et pourtant, à vos dire, ils en ont du culot) et, vous pouvez me croire, j’en fais partie aussi.

 Lorsque vous parlez de croissance de laquelle parlez-vous ? Celle du bien être des travailleurs ou celle de plus de capital, plus d’avions privés, plus de caviar etc…Pour vos camarades actionnaires. Entre la mauvaise foi et la manipulation, il y a une frontière à ne pas franchir, les travailleurs ne sont pas des cons !!! Mais comme vous pouvez compter sur d’autres amis dans la famille libéral et socialiste pour continuer cette politique d’appauvrissement général, c’est bien la chose qu’il reste à faire aux travailleurs ; se battre pour de meilleurs salaires et une société un peu plus juste. Il faudrait bien sûr pour améliorer cela, suivre un conseil à la mode « travailler plus pour gagner plus » mais comme le disait Coluche : « il faut travailler pour vivre et pas vivre pour travailler » !!!

29.01.2007

Nos salaires sans cesse en baisse !!

  L’AIP (accord interprofessionnel qui gère nos salaires pour 2007/2008 vient d’être voté par les syndicats. Voyons comment il se présente comme un arrachage des miettes que le patronat et le gouvernement veulent bien nous accorder.

Ce qui serait vraiment "révolutionnaire" est le réel partage des bénéfices indécents engendrés par les grosses sociétés, ils ont augmentés de 3 x en 3 ans.

Il est vrai et, j'en suis heureux, que les 200.000 travailleurs concernés par l'augmentation du salaire minimum garanti recevront 25 euros BRUTS par mois. Un simple calcul permet de voir à quel point ce sont des miettes. Après les retenues fiscales, il devrait rester +/- 13 eur net, juste de quoi payer 8 pains par mois (j'espère que les travailleurs n’ont pas trop faim)... En voilà une belle augmentation !!!

 Notons que cela ne concerne pas les travailleurs en dessous de 21 ans mais, aux yeux des patrons et du gouvernement, ce sont sûrement des « sous-travailleurs ».

 Ne croyez-vous pas que ce « cadeau» de 25 eur (qui était aussi un projet de M. Di Rupo) sert surtout à faire passer la pilule sur toutes les mesures de régression sociale que contient cet AIP ? Surtout, et c'est important, que cette augmentation sera financée en partie par l'état donc par tous les travailleurs, ce qu'on donne d'une main est retirée par l'autre.

 En l’analysant point par point, on peux s’apercevoir que tout le reste est une attaque contre les acquis des travailleurs. La flexibilité et les heures supplémentaires (financées en partie par les travailleurs avec l’allègement fiscal), augmente la durée du temps travail alors qu'il y a 600.000 chômeurs, n’est-ce pas aberrant? Tôt ou tard, la durée du temps de travail augmentera sans compensation de salaire comme cela s'est passé chez VW Allemagne.

Dans L’AIP, on parle de lutter contre l’alcoolisme et les drogues, ce qui en soit est une très bonne chose mais, c’est aussi un moyen de licencier pour faute grave donc sans indemnités. Il y a danger qu’une bonne intention se transforme en répression. Il est vrai que «le chemin de l’enfer est pavés de bonnes intentions».

L’accord parle d’une augmentation MAXIMALE des salaires de 5% (norme salariale, ce % peut être revu à la baisse) mais cela est basé (entre-autre) sur l’index lissé et non le vrai index qui correspond à l’ augmentation du coût de la vie. Ex, les produits pétroliers ne sont pas repris dans l’index lissé alors que leur augmentation depuis 1996(date de la mise en place de la loi salariale) a été la plus forte. En 10 ans, les prix ont augmentés de 19% (source http://www.oivo-crioc.org/textes/1562.shtml), mais le salaire net, la capacité d’achat, n’a pas augmenté de 19%, bien loin de là. Ceci prouve que le travailleur s’appauvrit alors que les bénéfices des sociétés sont en constante augmentation.

Un bon exemple vaut mieux qu’un grand discours, le salaire minimum garanti passera de 1258,91 eur brut(source http://www.csc-en-ligne.be/Images/allocations-oct06_tcm22-103322.pdf) à 1283,91 eur brut, ce qui devrait lui laisser +/- 1100 eur net. Le loyer moyen étant de 450 eur et les frais d’énergie (chauffage, électricité, eau) de +/200 eur, ce sont des besoins de base dont on ne peut se passer, il reste à peine 450 eur pour tout le reste, y compris toutes les autres taxes (communales, tv, poubelles etc). Je le répète, j’espère que le travailleur n’a pas trop faim !

En continuant ainsi, dans 10 ans, nous serons revenus à la situation de nos grand-parents, travailler uniquement pour notre survie en balayant 60 ans de lutte pour nos acquis sociaux. Quelle belle perspective d’avenir ! Il n’est donc pas étonnant de voir, certains secteurs syndicaux refuser l’AIP, ce qui est vraiment étonnant, c’est que nos instances syndicales (je parle des dirigeants et non pas des délégués et militants de base qui continuent à se battre contre cet appauvrissement) ne refusent pas d’office cet accord.

Tout ceci n’est pas une fatalité, l’histoire des luttes sociales, nous prouve à suffisance qu’il est possible d’arracher plus que des miettes au patronat et à son serviteur, l’état « démocratique » parlementaire. Il nous faut tous lutter à l’intérieur de nos syndicats, toutes tendances confondues, pour leur rendre la combativité des générations qui nous ont précédés. En les condamnant et en les abandonnant, les travailleurs commettraient l’erreur de laisser libre-cours aux intentions patronales : la totale régression sociale !!!

J’en terminerai par une petite dose d’humour : FEB ((association des patrons) et décideurs gouvernementaux, faites encore un petit effort, ne baissez pas les bras et, nous, les travailleurs seront vraiment redevenus, comme avant la guerre 40-45 de pauvres bêtes de sommes dont la seule utilité est de vous rendre toujours plus riches à la sueur de notre front !!