16/07/2008

Che Presente 2008

 

affiche che presente grande

Le 26 octobre prochain, Iniciative Cuba Socialista (ICS) organise en collaboration avec intal, la 15ème édition de “Che Presente”. Cette journée nationale de solidarité avec Cuba sera consacrée au 50ème anniversaire de la révolution cubaine, fêté dans l'île, le 1er janvier 2009.

« Che presente » est une opportunité offerte à tous ceux qui recherchent des informations actuelles sur Cuba.

La journée débutera dès 12h30 avec un brunch cubain. Elle se poursuivra par un ensemble d'activités:

  • des conférences. La plus prestigieuse d'entre elles - parce bénéficiant de la présence de nombreux orateurs internationaux - abordera la révolution cubaine et ses 50 ans d'existence. Une autre conférence sera - quant à elle - consacrée à la situation des femmes cubaines.
  • des rencontres dont une réunissant de nombreux militants syndicaux et une autre portant sur la campagne « Free de Five » et les nouvelles actions de solidarité internationale.
  • des films cubains

Vous pourrez en outre découvrir de multiples stands d'information et de dégustation de spécialités cubaines (cigares, mojitos).

La journée se terminera au son de la musique cubaine par une énorme fiesta.

Che Presente 2008, Solidaridad con Cuba
Quand ? Le dimanche 26 octobre à partir de 12h30.
Où? Campus de la Plaine (VUB)- Auditorium Q – Avenue de la Plaine 2 – 1050 Bruxelles.

Je serai présent, comme chaque année à cette fête, ce sera une occasion de se rencontrer.

 

14/07/2008

Crise financière : Jusqu’où ira-t-elle ?

 

La pire chute de la Bourse de Bruxelles depuis 21 ans », titre le Soir. Les banques Fortis et Dexia plongent. L’inflation dépasse les 5 %. Une grave crise économique s’annonce.crise financiére

 Pas un jour ne passe sans une annonce de pertes massives dans le milieu financier. La perte totale par les banques atteindrait les 945 milliards (près de 600 milliards d’euros) selon le Fonds Monétaire International. Cela ne devrait pas s’arrêter car Fortis chez nous, la Royal Bank of Scotland et Barclays s’attendent à un effondrement du système bancaire sous peu. « Une période très dangereuse se rapproche rapidement - soyez prêts », met en garde Bob Janjuah, l’analyste  de la banque écossaise.

 « Nous sommes dans une mauvaise passe. Il y a à l’heure actuelle un choc inflationniste. Cela va s’avérer très négatif pour les actifs financiers. Nous allons nous mettre en position défensive. Les investisseurs s’en sortiront bien s’ils parviennent à préserver leurs patrimoines », a déclaré Tim Bond, le stratège du groupe Barclays Capital, la filiale de la Barclays Bank spécialisée dans la gestion des grosses fortunes. « La situation aux États-Unis est bien pire que nous le pensions », annonce Maurice Lippens, big boss de la Fortis, « on prévoit quelque 6 000 faillites parmi les banques américaines qui ont actuellement une faible couverture. Mais des groupes comme Citigroup, General Motors, Chrysler peuvent être emportés. Un effondrement total s’amorce aux États-Unis.

 Nous sommes ainsi au début d’une crise économique d’envergure sous tous ses aspects : économique, financier, industriel, alimentaire et énergétique vu la flambée des coûts. Elle est due au fonctionnement même du système capitaliste (voir l’article sur la spéculation)

Faut-il craindre pour l’avenir de votre épargne ?

 Dans l’immédiat, faut-il craindre pour l’avenir de votre épargne, qu’elle soit sous forme de comptes épargnes, de fonds de pension ou d’actions ?
Si d’aventure, vous avez quelques actions à risque, vendez-les, c’est ce que conseillent les banques des grandes fortunes.

 Mais faut-il craindre pour votre compte d’épargne ? Avec une chute des cours boursiers de nos principales banques en Belgique, plus de 40 % pour Fortis et Dexia, -27 % pour la KBC, soit de  2,4 milliards d’euros de dépréciations d’actifs, il y a de quoi s’inquiéter.

 En économie, le risque de faillite n’est jamais nul mais, dans notre pays il existe des mécanismes pour protéger les comptes épargnes, comptes à vue et comptes à termes. Si une banque fait faillite ou s’avère incapable de respecter ses obligations, le Fonds de protection des dépôts et des instruments financiers (par la loi du 17 décembre 1998 il est constitué par des dépôts de chaque grande banque) pourra intervenir jusqu’à concurrence de 20 000 euros par personne et par compte épargne. De quoi être rassuré dans un premier temps. Même si plusieurs banques devaient tomber en faillite, l’Etat peut, à l’instar de ce qui a été fait aux USA, mettre un très gros montant sur la table afin de sauver les banques. Ou faire comme le gouvernement britannique qui a nationalisé la Northern Rock, une banque tombé en faillite l’hiver dernier.

 Mais attention, dans ce cas, ce sont les travailleurs qui, avec leurs impôts, couvrent les pertes de ce genre de banques. Et comble, le gouvernement britannique a déjà annoncé que la Northern Rock serait reprivatisée dès que sa situation se serait améliorée.

 C’est la logique des Etats capitalistes qui nationalisent les pertes et qui privatisent les profits en laissant les travailleurs supportés seuls la crise.

Le problème se limite-t-il aux banques ?

 Un tel scénario pourrait-il arriver dans d’autres pays européens ? On peut le craindre. Le 3 juillet, le célèbre groupe financier Goldman Sachs a averti qu’il manque entre 60 et 90 milliards d’euros pour consolider les fonds propres des banques européennes. Les banques belges pourraient alors quand même s’effondrer par l’effet domino. L’imbrication des banques en Europe entre elles est telle que si une seule venait à faire faillite – pour autant qu’elle soit d’une certaine taille - elle pourrait faire tomber les autres.

 Le problème se limiterait-il aux banques ? Pas vraiment. Des banques en difficulté restreignent leurs crédits et donc affectent lentement mais sûrement l’économie réelle, l’industrie.

 Les risques de chute brutale des actions industrielles deviennent réalité. Le cours de General Motors a chuté ainsi la semaine dernière, atteignant  son cours de… 1954, ruinant des milliers de petits épargnants. Renault et Peugeot ont vu aussi leur valeur chuter de moitié . Les nuages s’amoncellent aussi pour les travailleurs.

L’envolée des prix pétroliers : conséquence de la crise actuelle

 

D epuis août 2007, on nous annonce par voie de presse, bien entendue contrôlée par les grands groupes financiers, une crise immobilière puis une crise boursière ensuite une crise financière ensuite encore une crise alimentaire et maintenant une crise pétrolière, voir un 3ème choc pétrolier. Et si on envisageait tout simplement une crise généralisée du capitalisme, un système qui ne peut plus répondre aux besoins de l’humanité.

  1. Le Rôle de la Chine
  2. Pourquoi les prix s'envolent-ils?
  3. La rente
  4. Mais, d’où vient cette spéculation ?
  5. Les grandes banques au centre de ce casino
  6. Mais pourquoi le pétrole et pas le vent ou le soleil ?

 Faire comme les économistes bourgeois, détricoter toutes ces crises sans y voir des liens entre elles, serait donner raison à ceux qui pensent que « cela va se calmer », que l’économie repartira.

 Lorsqu’on jette un œil sur les chiffres économiques, même si ils peuvent être manipulés, il ne subsiste aucun doute quant à la réalité d’une augmentation rapide de l’inflation et du chômage. Pour l’inflation, le taux officiel admis est maintenant de 5% et le chômage aux USA est de 5,5%, taux au plus haut depuis 4 ans (agence Reuters). La banque mondiale a reconnu au mois de mars que la crise va entraîner une augmentation de 5 millions de chômeurs. Pour la Belgique, le journal l’écho annonçait la semaine dernière une chute importante de la création d’emploi et 8.000 faillites pour 2008.

 Sans vouloir nier le moins du monde que dans un monde fini, les ressources limitées tel que le pétrole s’épuisent dans le contexte d’un système économique qui ne produit pas pour satisfaire les besoins des travailleurs mais pour faire du profit, il faut se poser la question de savoir si c’est bien cette raréfaction de « l’or noir » qui est la cause d’une envolée des prix aussi exponentielle.

Le rôle de la chine

 La version officielle est que face à une demande accrue des pays émergents, la production ne suit par la demande. Le phénomène ne serait du qu’à un décalage de l’offre par rapport à la demande.

 Pourtant les faits ne donne pas raison à cette thèse. " Entre 2003 et 2007, la hausse des cours du brut était forte mais progressive et le prix du baril n'avait pas dépassé le pic de 1979 en valeur réelle " (hors inflation), remarque Pierre Terzian, directeur de la revue Pétrostratégies. " Mais depuis le premier trimestre 2008, l'ascension est tellement fulgurante et les niveaux de prix tellement élevés qu'on peut parler de choc pétrolier ", ajoute-t-il. (trends 10/06/2008).Le baril de brut a mis 5 ans (2003-2007) pour passer de 40 à 90 dollars, donc une augmentation de 50 dollars mais à peine 5 mois pour passer, depuis janvier 2008 à 140 dollars, soit 50 dollars aussi.
 La demande des pays émergents qui est de 2% supplémentaires par an pouvait certes expliquer une hausse de 10 dollars en moyenne par an mais certainement pas une hausse de 50 dollars en 5 mois, c’est à dire 60% d’augmentation. La demande chinoise de pétrole ne s’est pas envolée de 60% !!! Et l’augmentation ne va pas s’arrêter en chemin : Morgan Stanley prévoit un prix de 150 dollars pour juillet, Goldman Sachs un prix de 200 dollars pour fin 2008 et Gazprom, par l’intermédiaire de son directeur prévoit un coût de 250 dollars à brève échéance (l’écho).

 Pour l’EIA, l’agence gouvernemental US pour l’énergie, la demande de la Chine devrait être de 400.000 barils supplémentaires en 2008 mais la demande US, elle devrait chuter de 190.000 barils, chute due principalement à la récession économique qui commence aux USA. Ceci sans compter la baisse de consommation que connaîtra l’Europe. En comparaison avec la demande mondiale  de 84 millions de barils/jours actuellement, la hausse de la demande chinoise ne représentera que 0,5 %. 0,5% de hausse chinoise pour une hausse de 60% du prix au baril, c’est complètement irrationnel dans les faits.

 Il ne faut oublier non plus que les chinois, pour une population de 1,3 milliards d’êtres humains consomment 7 millions de barils/jours et que les USA consomment tous les jours 20,7 millions de barils/jour pour une population de 350 millions d’habitants. Donc tout en étant 4 fois moins, « l’american way of life » consomment 3 fois plus qu’un pays qui ne demande qu’à se développer. De plus, les chinois importent 3,2 millions de barils/jour, soit moins de 50% de leur consommation et les USA 14 millions de barils/jour soit 70%.

 Tout comme les prix alimentaires montent soit disant parce que les chinois veulent mieux manger, les prix pétroliers montent parce que les chinois veulent mieux produire. Aux yeux des capitalistes occidentaux, ce sont de parfaits « salauds » que de vouloir mieux vivre.

 Reste à méditer si le modèle de consommation occidental peut être généralisé à la planète entière. Je suis, personnellement sûr du contraire, mais c’est le sujet d’un autre débat.

 La récession économique du monde occidental entraînera forcément une baisse de la consommation de la part des USA et de l’Europe. La baisse des produits de grande consommation en occident, tous les chiffres concordent pour prouver qu’elle est initiée devrait aussi entraîner une baisse de la production en Chine (30% de la production industrielle chinoise vont à l’exportation) ce qui va induire une baisse de la demande chinoise en produits pétroliers. Sauf, si la Chine se tourne vers son marché intérieur en augmentant les salaires de ses travailleurs.

 Une dernière chose sur la Chine : les chinois ne payent pas un prix final pour les produits pétroliers aussi élevés qu’en occident car ils sont largement subventionnés par l’état. Même avec un prix très haut comme actuellement, les chinois pourront continuer à subventionner le pétrole grâce à leur énorme « bas de laine » étatique : les fonds souverains qui représentent 1700 milliards de dollars et en augmentation de 90 milliards par an. Si les capitalistes occidentaux pensent tué l’économie chinoise avec un pétrole haut, ils se mettent le doigt dans l’œil. Par contre les autres économies asiatiques sont touchées de plein fouet. L’Indonésie, qui pratique aussi la subvention, vient d’annoncer une hausse de 30% des produits pétroliers (France24).

 On peut donc s’apercevoir que cette hausse vertigineuse n’est pas due à la loi de l’offre et la demande dans un contexte « normal » de rapport marchand.

Pourquoi les prix s’envolent-ils ?

 La réponse est comme pour les denrées alimentaires : la spéculation et la rente joue un rôle majeur. Il est clair que le prix maximal d’une matière première est généré par le coût maximal d’exploitation sur le marché. Dans le cas du pétrole, le coût d’exploitation le plus haut est celui des schistes bitumeux du Canada qui s’élèvent à 60 dollars le baril. Il faut y ajouter 30 dollars pour les bénéfices et la prise de risques sur les marchés pour prévoir une baisse inopportune (ces chiffres viennent d’un débat de spécialistes sur France 24 :
http://www.france24.com/fr/20080526-petrole-prix-baril-ch....
 Donc, tous ceux qui ont un coût de production inférieur à 60 dollars voient leur bénéfices augmenter proportionnellement à la baisse de ces coûts. On comprend dès lors un peu mieux le refus des pays de l’OPEP de contribuer à une baisse des prix en augmentant la production (même si la capacité excédentaire est de seulement 2 millions/barils jour actuellement). Ils se constituent, en même temps que les grandes compagnies pétrolières, une rente formidable. Cette rente énorme, à part au Venezuela, ne contribue pas à l’amélioration du sort des travailleurs de ces pays mais à l’oligarchie dominante de ces pays. Au final, il y a un transfert de richesse de la part des travailleurs du monde entier, qui payent le pétrole au prix fort, vers les « dictateurs pétroliers » que sont les compagnies pétrolières et les gouvernements capitalistes en place dans les pays producteurs.

 Il nous faut trouver malgré la rente la différence entre 90 dollars que devrait coûter le baril et les 140 dollars actuels. La réponse se trouve dans la spéculation et la rente.

La rente

 On nous parle de pénurie physique de pétrole mais, comme nous l’avons vu plus haut la capacité de production actuelle peut répondre à la demande. D’autant plus que chaque semaine on découvre de nouveaux gisements. Les schistes bitumeux du Canada et le pétrole lourd de l’Orénoque sont une réserve de 40 ans au rythme actuel à condition que le prix soit supérieur au coût de production (nous l’avons vu plus haut). Il est donc de l’intérêt des pays producteurs et des compagnies pétrolières de maintenir un prix élevé sinon ces gisements seraient inexploitables dans une économie capitaliste qui ne répond pas à des besoins mais au profit.

 Donc les pays exportateurs qui ont plusieurs décennies de réserves devant eux comme  l’Arabie Saoudite, le Canada, l’Irak (sous contrôle US) sont dans la logique de la rente. Ils mettent la main sur leurs ressources et partagent avec les majors, freinent la production car chaque baril valant plus cher, ils font plus de profit par baril à production égale. De plus, en limitant la production, ils l’étalent dans le temps. Ils bonifient leur rente au maximum sur le dos des travailleurs du monde entier. Les rentiers capitalistes ont d’ailleurs des gourous économistes pour exploiter au mieux leur rente tel que Hotteling qui à décrit en 1931 ce que devaient faire les détenteurs d’une rente pour en tirer le maximum.

 Le Venezuela fait aussi partie des pays à grandes réserves mais par sa politique social du pétrole, il contribue à l’amélioration des conditions de vie non seulement de son peuple mais aussi d’autres pays d’Amérique Latine avec les accords spéciaux qu’il prend (pétrole contre médecins avec Cuba par exemple).

 Nous pouvons concevoir qu’une matière première arrive à un prix incontrôlable si elle se raréfie complètement à cause de l’exploitation sans limites des ressources par le capitalisme en vue du profit maximal mais ce n’est pas encore à cela que nous assistons. Faire en sorte que la demande excède l’offre s’appelle : la spéculation.

 La spéculation est une des grandes caractéristiques du système capitaliste lorsqu’il est en crise. A chaque fois la crise fut précédée d’une spéculation effrénée, essentiellement sur les soit disant « valeurs refuges » qui ne sont en définitive que les besoins essentiels des travailleurs : denrées alimentaires, matières premières, énergies et immobilier (logement).

 La crise économique, qui d’abord fait grimper les prix par la spéculation, fait s’effondrer les prix tout aussi vite parce que la demande chute devant l’impossibilité qu’on les travailleurs, subissant la mise au chômage et les restrictions de salaires, à acheter la production. Un bref passage par l’histoire nous permet de s’en rendre compte Il en fut ainsi lors des crises de 1825, 1836 et 1867 sur le coton ou sur la laine; lors des crises de 1847 et de  1857 sur le blé; en 1873, 1900 et 1912 c'est sur l'acier et sur la fonte; en 1907, c'est sur le cuivre; en  1929, c'est sur presque tous les métaux et l’immobilier. En 1973 et 1979 avec le pétrole. Plus près de nous, en 2007, avec l’immobilier US.

Mais, d’où vient cette spéculation ?

 Pour tenter de le comprendre, il faut analyser la situation du monde capitaliste depuis le début des années 1970 date du début de la crise de surproduction. La source réelle du profit dans le capitalisme est dans l’exploitation du travailleur dans le procès de production. Le profit n’étant rien d’autres que du travail non payé extorqué aux travailleurs salariés. En période d’expansion économique (c’est à dire au moment où la capacité d’achat des travailleurs est à son plus haut), les capitalistes peuvent écouler la totalité des marchandises produites et récupérer sous sa forme monétaire le profit au moment de la vente des marchandises. Ce surtravail extorqué aux travailleurs peut dès lors être investit dans des machines, des matières premières et dans les salaires en embauchant plus pour encore exploiter plus. C’est ce que les économistes bourgeois appellent « faire travailler l’argent », comme si l’argent avait le pouvoir de faire de l’argent.

 Mais dans sa soif de profits toujours plus grand, le capitaliste veut exploiter toujours les salariés en augmentant le temps de travail, en diminuant les salaires, en poussant au chômage des milliers de travailleurs. Et, c’est là que la machine se grippe : il ne peut plus écouler ses marchandises car la capacité d’achat des travailleurs a baisser. La masse des capitaux ne peut donc plus être investie dans le processus normal de production puisqu’il ne peut plus vendre la totalité de la production.

 Le capitaliste, et plus spécialement le capital financier qui est devenu parasitaire puisqu’il ne peut plus être investit dans la production (à quoi sert de garder l’argent dans un coffre puisque l’argent qui dort se déprécie de jour en jour), va donc investir ses capitaux dans ce qui est sûr d’être vendu pour un temps : les besoins essentiels. Ils investissent en masse donc, dans les énergies (le pétrole et l’électricité), les denrées alimentaires, les matières premières et le logement (l’immobilier). Cette spéculation s’alimente d’elle même car, l’ensemble du capital disponible, voyant les bénéfices s’accumuler, s’engouffre dans ces bulles. Plus les prix grimpent, au plus les bénéfices montent, au plus il y aura d’investir et au plus les prix grimpent encore (c’est la bulle spéculative) jusqu’au jour où, les prix sont tellement haut que la capacité d’achat des travailleurs ne suit plus et c’est le dégonflement de la bulle avec son cortège de catastrophe comme avec la bulle immobilière US. Entre-temps, un grand nombre de travailleurs se seront retrouvés sur le carreaux : affamés avec la spéculation alimentaire, à la rue avec la spéculation immobilière, avec l’impossibilité de payer ses factures énergétiques avec la bulle pétrolières.

 Les capitalistes, en général, ne raffolent pas de ce type d’investissements car cela est très risqué, ils savent pertinent bien que chaque bulle finit toujours par éclater et au final, de nombreux capitalistes se ruinent. Ils préféreraient assurément rester dans le processus de production qui est nettement moins risqué. Mais dans un monde où seule la concurrence fait loi, que m’importe si l’autre croule, si moi, je garde la tête hors de l’eau, que j’ai amassé assez de profit et de liquidité et que je me suis retiré du casino à temps, je pourrai avec mes liquidités racheter mon « copain » capitaliste, qui s’est effondré, pour un bouchée de pain et être encore plus riche, encore exploiter plus lors de la fin de la crise. Voilà le « credo » du capitaliste !!!

 Depuis 1970 et l’envolée de la masse monétaire due au crédit , la masse des capitaux est telle qu’elle ne peut plus trouver sa place dans la spéculation, ce qui explique la multiplication des bulles spéculatives et de ses éclatements.

 La spéculation n’est donc pas la faute de quelques capitalistes véreux assoiffés de profit travaillant dans une finance dérégulée, comme nous le laisse entendre la presse bourgeoise mais inhérente au capitalisme en crise. Les spéculateurs sont les industriels, les banquiers et les états qui, par les lois de leurs gouvernements permettent la mise en place de loi favorable à la spéculation.

 En voici la preuve dans le cas du pétrole. Cette spéculation est orchestrée par des fonds spéculatifs, des banques et des groupes financiers, qui utilisent le London ICE Futures, le marché à terme du New York Nymex et les échanges interbancaires non contrôlés ou hors cote. Aux USA, la commission de contrôle des échanges et des marchés à termes sur les matières premières fixent les règles sur les marges. Elle permet aux spéculateurs d’acheter des contrats à termes sur le brut au Nymex sur le marché des futures avec seulement 6% du montant de la transaction. Le reste étant du simple crédit (ils empruntent). C’est donc facile à comprendre : avec un cours à 140 dollars le baril, il suffit de posséder 6x1,4 dollars=8,4 dollars par baril « acheté ». Le reste est juste un emprunt qui nécessite un gage tel que actions, titres, immobiliers etc… Il faut donc déjà être riche pour spéculer sur les marchés.

 Imaginons la puissance des grandes banques, des fonds d’investissements, fonds de pensions etc. dans la hausse des prix du baril. Cet "effet de levier" énorme, de 16 contre un, contribue à conduire les prix vers des niveaux follement irrationnels et efface les pertes des banques, occasionnées par les subprime et autres désastres, aux dépens des salariés du monde entier.  Comme ce sont les grandes banques qui prêtent ces sommes fabuleuses, elles renflouent leurs pertes bancaires par l’intérêt perçu sur les prêts qui permettent cette spéculation, rachetant au passage les banques qui ne s’en sortent plus (bear sterns). La boucle est bouclée.
On comprend mieux pourquoi l’explosion des prix depuis janvier date de la crise boursière.

 Le travailleur qui verra son fond de pension s’écrouler lors de l’éclatement de la bulle, se retrouvera sans pension pour assurer sa retraite. Demandez aux salariés d’Enron ce qu’il est advenu de leur paisible retraite. On les a tout simplement spoliés de leur épargne. Ici se pose tout le problème des pensions par capitalisation par rapport aux pensions par répartition. Le but des capitalistes est bien de mettre la main sur ce qu’il n’ont pu extorquer aux travailleurs pendant la production : leur épargne.

 Le plus grave dans la spéculation est que c’est une nécessité pour les capitalistes si ils veulent assurer leur survie dans la crise. Peut-il y avoir un capitaliste assez « charitable » pour ne pas jouer à ce casino qui plonge les travailleurs dans la pauvreté ? Assurément non, il n’a pas le choix : il doit faire fructifier les investissements qui lui sont confier, sinon celui qui lui confie de l’argent retire ses billes et va le placer chez le voisin et, le capitaliste « charitable » fera faillite. C’est la concurrence !!! En cas de crise, lorsque le profit se fait plus rare, l’investisseur doit  prendre celui-ci où qu’il soit et de n’importe quel façon. Le cortège de dérèglement se déplie. Les lois deviennent de plus en plus permissives vis à vis du capital. Les plus « respectables » des banques à l’image de la société générale en France ou Fortis en Belgique, se jettent tête baissée dans la spéculation. Il n’y a plus que la loi de la jungle : celui qui ne plonge pas dans le casino meurt. Et tout ça, sur le dos des travailleurs.

 Il suffit de voir les propositions pour « aider » les plus pauvres. Aucuns gouvernements ne proposent d’interdire la spéculation, de diminuer le profit des capitalistes ou de nationaliser une partie des profits pour équiper les travailleurs de mesures qui permettraient la baisse de la consommation de pétrole telle que : le développement des transports publiques, les maisons isolées, les panneaux solaires etc…. Le coût doit être supporter par l’ensemble des travailleurs soit en nationalisant les banques en difficulté (northern rock) soit en créant des caisses communes tel que le fond mazout en Belgique dans une injustice où celui qui a pas beaucoup donne à celui qui n’a rien. Celui qui riche ne donne rien, même des impôts, n’est-ce pas M.Reynders,Sarkozy,Bush et consorts?

Les grandes banques au centre de ce casino

 Avec la mondialisation, le prix du pétrole ne se fixe plus réellement sur les marchés boursiers ou par les pays de l’OPEP même si ceux-ci y contribuent nous l’avons vu plus haut. Les plus grandes institutions financières du monde sont plutôt les responsables de la situation actuelle.

 F William Engdahl dans " A Century of War: Anglo-American Oil Politics and the New World Order " (PlutoPress), et " Seeds of Destruction: The Hidden Agenda of Genetic Manipulation " (Global Research, available at www.globalresearch.ca), nous apprend que « La bourse-clé dans ce jeu est le London ICE Futures Exchange (anciennement l'International Petroleum Exchange — la Bourse Internationale du Pétrole). ICE Futures est une filiale à 100% d'Atlanta Georgia International Commodities Exchange. ICE a été fondé à Atlanta en partie par Goldman Sachs, qui se trouve être aussi l'indice des prix des matières premières le plus utilisé au monde, le GSCI, qui est sur-lesté par le prix du pétrole ».

 Il note aussi que ICE a été l’objet d’enquêtes parlementaires et fut citée dans deux rapports : celui du 27 juin 2006 de la sous-commission permanente d’enquêtes du sénat et en décembre 2007 dans un rapport de la commission sur l’énergie et le commerce de la chambre des représentants qui avait pour but d’enquêter sur la dérégulation du commerce des contrats énergétiques à terme.

 Ces deux études montrent clairement que l’augmentation spectaculaire du pétrole est bien plus due aux milliards de dollars placés dans les contrats à termes sur le marché des futures. On peut en revenir à Enron, à sa requête, cette société fut exemptée en 2000 de toute régulation sur les marchés à termes de gré à gré par le CFTC. Les exemples d’exemption de contrôles par les organismes gouvernementaux ne manquent. Tout ceci apporte la preuve de l’analyse de Lénine dans « l’impérialisme, stade suprême du capitalisme » est d’une réelle actualité. Non seulement le capitalisme s’est étendu d’une manière géographique à l’ensemble de la planète mais, son changement n’est pas un simple changement quantitatif mais un changement qualitatif. Il y a fusion du capital industriel et financier (contrairement à l’orthodoxie bourgeoise qui feint la séparation des deux capitalismes) mais les capitalistes monopolistiques placent leurs « pions » dans tous les rouages des états pour s’assurer de leur domination, exploitant et pressurisant au maximum la classe des travailleurs.

 Il me plait de reprendre à ce stade la conclusion de Engdhal : Il n'est donc pas surprenant de voir dans un rapport que Reuters a sorti le 6 mai que Goldman Sachs annonce que le pétrole pourrait en fait être au bord d'un nouveau cours "super élevé", pouvant conduire le prix du baril jusqu'à 200 dollars dans les six à 24 prochains mois. Ce gros titre " 200 dollars le baril ! " a fait la une des journaux pendant les deux jours qui ont suivi. Combien de lemmings incrédules ont-ils suivi cette annonce en plaçant leurs paris ? Puisque Goldman Sachs est dans le « secret des dieux » et pour cause.

 La théorie du pic pétrolier, la demande chinoise, les « possibles attentats » ainsi que « la rage de dents de mon bébé » ou le « battement d’ailes d’un papillon en Amazonie » n’explique en rien le phénomène actuel. Toutes les raisons sont bonnes pour manipuler les salariés et tenter de sauver un système en putréfaction. C’est de la faute des chinois, de l’OPEP, de Chavez etc… mais cela ne doit pas être de la faute des capitalistes qui font la guerre en Irak et qui se préparent à la guerre avec l’Iran (pas de chance avec Chavez, là, il a le peuple derrière lui, ce sera nettement plus corsé).

Mais pourquoi le pétrole et pas le vent ou le soleil ?

 Un de mes camarades m’a posé cette question et j’ai tenté d’y répondre. Le pétrole sert aussi en grande partie à produire de l’électricité. Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte mais, les plus importants sont encore une fois, la rente et la spéculation. Comment, les capitalistes, pourraient-ils justifier leurs bénéfices, si on se mettait à produire de l’électricité en masse avec le vent, le soleil, l’eau, bref avec des énergies non seulement renouvelables mais aussi immatérielles dans le sens où elles ne peuvent ni être accaparées (rente), ni stockées(spéculation) ?

 -Une fois les investissements rentabilisés, il ne resterait qu’un coût d’entretien des installations, ils ne pourraient invoquer qu’un petit bénéfice d’exploitation aux yeux des travailleurs. Le surprofit énorme généré par la rente et la spéculation disparaîtrait. C’est la raison pour laquelle on nous bassine avec l’énergie nucléaire, au delà du danger écologique car l’uranium peut être stocké et accaparé. J’ai déjà écrit un article sur le contrôle de l’uranium par les puissances occidental. La meilleure preuve est quand même electrabel en Belgique qui continue à faire peser le coût des centrales nucléaires dans notre pays sur les travailleurs-consommateurs alors que celles-ci sont amorties depuis longtemps.

 -Derrière le pétrole, il y a toute la puissance du capitalisme US et de sa monnaie le dollar. Plus le pétrole est cher et plus la demande de dollar est énorme et moins vite il retourne aux USA, permettant du même coup à la dette US de ne pas être remboursée (voir mon précédent article sur le rôle du dollar ou les écrits de Henry Houben sur le sujet). Sur le marché international,  le pétrole est payé en dollars US. Concrètement, cela veut dire que les USA peuvent se procurer du pétrole en faisant simplement fonctionner leur planche à billets alors que tous les autres pays doivent se procurer des dollars. Ça ne serait pas possible avec le soleil et le vent.

 -La presque totalité du commerce du pétrole est sous le contrôle des entreprises pétrolières occidentales. Un haut prix du pétrole leur permet d’engranger des bénéfices supplémentaires même si la consommation et par conséquent la vente diminue. Que les capitalistes essayent avec le vent ou le soleil.

 -Un pétrole haut permettrait de relancer les champs pétrolifères US abandonnés pour cause de non-rentabilté. De même, au Royaume-Uni, des études sont menées pour rouvrir certaines mines de charbon qui pourraient s’avérer à nouveau rentables. Un article du journal français « La tribune » daté du 13 mai 2008, nous apprend que, en Pennsylvanie 2000 permis d’extraction pétrolifère ont été demandés en vue de relancer des puits qui avaient été délaissés. Toujours dans le même article, on apprend que des derricks pourraient fleurir dans le Loiret, en France et que la production dans le Land de Schleswig-Holstein, en Allemagne, pourrait être relancée. Tout ça parce que le pétrole est cher. Mais, pas un mot pour le vent et le soleil….

 -Le pétrole sert à produire, à faire tourner nos tracteurs, à faire tourner l’économie mais cette force économique prend la forme d’un chantage dans la mesure où rien n’est fait pour le remplacer. Là aussi, Lénine avait raison, lorsqu’il affirme que le capitalisme au stade de monopole freine tous progrès qui pourrait l’empêcher de faire plus de profit. Il est fort à parier que si nous étions vraiment à la veille d’une fin physique du pétrole dons vers la fin de l’économie actuelle, tous les capitaux seraient mis à disposition de la plus grande révolution technologique de l’histoire de l’humanité.  En exploitant au maximum le pétrole, le capitalisme monopoliste continue à engranger un surprofit facile sur le dos des travailleurs. Il n’a aucune raison « marchande » d’en changer.

 -Mais si le pétrole sert à construire, il sert aussi à détruire entre autre par la guerre. Comment imaginer la formidable machine de guerre des pays capitalistes (on annonçait dernièrement une augmentation de 45% en 10 des dépenses militaires dans le monde suivant le SIPRI, selon l’écho du 10 juin 2008). La presque totalité du matériel militaire fonctionne au pétrole que ce soit les avions, les chars, les camions, jeeps, bateaux fonctionne au pétrole. Donc s’équiper en armes c’est aussi se fournir en pétrole. La course aux armements c’est aussi la course au pétrole. Essayez, pour voir, de faire fonctionner tout ça sans pétrole, avec du vent ou du soleil !! La hausse du pétrole permettra de rentabiliser des champs pétrolifères abandonnés aux USA, d’investir dans la recherche de nouveaux champs rentables même si les coûts d’exploitations sont importants rendant les USA un peu moins dépendant des pays qui ne sont pas sous leur coupe dont le nombre ne cesse de grossir. Ceci couplé à la production de bio-carburants, leur dépendance sera moindre. Donc, un pétrole cher, permet de faire financer leur impérialisme militaire par les travailleurs du monde entier.

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La hausse des salaires : une nécessité face à la crise

 

La hausse des salaires serait la cause principale de la hausse des prix en Europe (5 % en juin). C’est l’idée que martèle Jean-Claude Trichet, le patron de la banque centrale européenne. Info ou intox?

 En somme, selon Trichet, en demandant une hausse de salaires, vous scierez la branche sur laquelle vous êtes assis, en augmentant l’inflation  et en provoquant ainsi la crise qui vous licenciera. Il a déclaré « qu’il fallait éviter toute complaisance avec l’inflation ».  Il a ainsi  remis en cause le fonctionnement de l’indexation automatique des salaires en Belgique.

 Or, les hausses de prix ont commencé, à grimper avec la crise et ses conséquences, bien avant toute  augmentation sérieuse de salaires. Le patronat n’a pas hésité à répercuter la hausse des coûts de production, due à la flambée des énergies et des matières premières, dans les prix à la consommation. Autrement dit, en première instance, l’inflation est importée par l’envolée des prix de matières premières et des énergies dont  les travailleurs ne sont absolument pas responsables.

 C’est après cette hausse des prix que les mouvements des travailleurs européens pour réclamer des hausses salariales se sont mis en marche et non le contraire. A écouter la Banque Centrale Européenne et le patronat, il faudrait que les travailleurs acceptent sans broncher de voir leur pouvoir d’achat baisser, entraînant un appauvrissement général.

 Pourquoi n’a-t-on jamais entendu le moindre gouvernement ou Jean-Claude Trichet parler de baisser le profit des capitalistes  pour compenser la hausse des prix ?

« L’inflation, c’est l’euthanasie des rentiers »

 Dans sa lutte contre l’inflation, Trichet veut surtout préserver le capital et reporter le poids de la crise sur les travailleurs. D’une part, en bloquant les salaires, il veut limiter le coût de production et permettre un plus grand profit pour le patronat. D’autre part, dans le contexte d’une inflation haute, sans vouloir rentrer dans les détails techniques, l’argent perd plus vite de sa valeur. Ainsi si les taux d’intérêts que les rentiers peuvent retirer sur leurs placements financiers de leur capital est plus bas que le taux d’inflation, il est évident que c’est une perte sèche pour le capital. L’économiste Keynes disait déjà que « l’inflation, c’est l’euthanasie des rentiers ». D’où la volonté de limiter l’inflation et de relever les taux d’intérêts.

 Par contre, pour le travailleur, lorsque les salaires ne suivent pas l’inflation, les conséquences sont doubles. La première est un appauvrissement, la seconde est que, vu la diminution de la capacité générale de consommation, les marchandises seront moins écoulées. Avec comme conséquence une production moindre entraînant une mise au chômage d’un nombre important de travailleurs. En somme, c’est la voie proposée par Trichet qui aggravera la crise.

 Il s’agit bien là d’une contradiction du système capitaliste. Les travailleurs sont à la base de toute la production des biens mais n’ont pas la capacité de les acheter car le patronat ne cesse de vouloir agrandir ses bénéfices en limitant les salaires.

 Bien sûr,  la lutte pour de plus hauts salaires ne suffira pas à empêcher la crise. Bien sûr, il ne faut pas nier que dans un second temps, d’éventuelles augmentations de salaires pourraient amplifier davantage une hausse des prix.

 Mais une augmentation des salaires peut  permettre de limiter les effets néfastes pour les travailleurs et de renvoyer (un peu) le poids de la crise sur ceux qui l’ont provoqué, les capitalistes.

Y-a-t-il moyen de protéger l’épargne du travailleur ?

 

Dans un système du profit d’abord, aucun travailleur n’est à l’abri d’une crise, y compris financière. Mais si l’Etat cessait de protéger les capitalistes, il serait possible de protéger l’épargne.

 Les banques privées jouent avec votre épargne sur les marchés financiers. Par contre, une banque publique pourrait se servir de l’épargne des travailleurs pour investir dans des projets utiles tels que les logements sociaux, crèches, transports en commun, etc.

 Les profits n’iraient pas grossir les poches des rentiers mais pourraient revenir aux travailleurs. Comme une banque publique n’est pas cotée en Bourse sa valeur ne fluctuerait pas avec les aléas de celle-ci. Le contrôle sur les flux financiers pourrait aussi être assuré, notamment pour combattre la fraude et la spéculation.

 Souvenons-nous que la CGER (absorbée depuis par Fortis) et le Crédit Communal (devenu Dexia), du temps où ils étaient publiques n’ont jamais été menacés de faillite.

Des lois anti-spéculation s’imposent

 

Même si limiter la spéculation ne s’attaque pas à la racine, des lois anti-spéculations pourraient empêcher, dans l’immédiat, que les marchés financiers fassent porter le poids de la crise uniquement sur les travailleurs.

 Actuellement, les spéculateurs (liés aux grands financiers) peuvent agir à leur guise sans restriction, y compris en spéculant sur l’alimentaire et l’énergie. Or, aucun gouvernement européen n’a proposé de mesures sérieuses visant à limiter la spéculation, à contrôler les flux financiers ou à s’attaquer aux profits des capitalistes.

 Dans l’Union européenne, il faudrait commencer par retirer l’article du traité de Lisbonne sur la libre circulation des capitaux, limiter les emprunts spéculatifs, taxer les plus-values boursières, supprimer des marchés à terme incitant à la spéculation…

Marxisme : Speculatie maakt crisis nog erger


spéculatie

N

a de speculatie op de vastgoedmarkt werpen de financiële markten zich nu op petroleum en voedingsmiddelen en drijven ze zo de prijzen op. Ligt die casino economie aan de basis van de crisis?

 Wat is de oorzaak van definanciële crisis die we nu meemaken? In alle ernst:de speculatie speelt wel een belangrijke rol in de snelle stijging van de grondstoffenprijzen, maar is daarom nog niet de oorzaak van de crisis. Ze is er wel een gevolg van. Ziehier waarom.

 De echte bron van winst in het kapitalisme is de uitbuiting van de werknemer in het productieproces. De winst is niet meer of minder dan het deel van het werk dat de werknemer levert en dat niet door de patroon betaald wordt - wat Marx de meerwaarde noemt.

 In een periode van economische expansie (wanneer de werknemers het meeste koopkracht hebben) kunnen de kapitalisten al hun geproduceerde waren verkopen. En in de vorm van geld, strijken ze de winst op op het moment dat de waar verkocht wordt. Die winst die uit de werknemers gehaald wordt, kunnen ze opnieuw investeren in machines en grondstoffen. En ook in de aanwerving van werknemers die op hun beurt meer winst voortbrengen voor hun werkgever. En gelijktijdig, om nog meer winst te maken, willen de kapitalisten de lonen doen dalen.

Stijgende prijzen en achterop lopende lonen

 Zo zie je dat het aandeel van de lonen in het totaal van de jaarlijks geproduceerde rijkdom, de voorbije vijftien jaar met ongeveer 10 % gedaald is. De machine stokt: de geproduceerde goederen geraken minder en minder verkocht. Het kapitaal wordt niet meer op de eerste plaats geïnvesteerd in de productie.

 Men begint meer te investeren in de financiële markten, in hetgeen in een nabije toekomst zeker nog verhandeld zal worden: woningen (vastgoed), levensnoodzakelijke producten zoals energie (petroleum en elektriciteit) en voedingsmiddelen. Die speculatie voedt zichzelf: vermits er toch veel kapitaal beschikbaar is en men ziet dat er daar winsten te rapen vallen, stort men zich op die financiële luchtbellen. Men spreekt over een kapitalisme dat meer en meer parasitair wordt, omdat het minder en minder verbonden is met de productie.

 Hoe hoger de prijzen, hoe groter de winst, hoe meer er in die sector geïnvesteerd wordt en hoe hoger dat de prijzen weer doet stijgen (de speculatieve luchtbel). Tot op de dag dat de prijzen zo hoog worden dat de koopkracht van de werknemers niet meer kan volgen. Op dat moment zakt de luchtbel in elkaar. Met in haar zog een hele rits catastrofes.

 Het is precies dat wat gebeurde met de instorting van de luchtbel van de Amerikaanse vastgoedmarkt. Daardoor kwamen sinds vorige zomer duizenden Amerikanen letterlijk op straat te staan. Dankzij de uitgebreide kredietmogelijkheden konden de Amerikaanse werkende mensen tot vorig jaar blijven consumeren. Maar met de crisis in de vastgoedsector konden de gezinnen plots geen leningen meer afsluiten. Want hun leningen waren gehypothekeerd en hadden de waarde van hun huis als borg. Nu die waarde ineen zakt, daalt ook hun leningscapaciteit en daarmee ook hun consumptie.

 Een heel groot deel van de kapitalen op de beurs heeft zich daarop teruggetrokken uit de vastgoedluchtbel en zich op de grondstoffen gestort. Vandaag is het de speculatie op de voedingsmiddelen die honderden miljoenen mensen in de derde wereld uithongert en de koopkracht doet dalen. En het is de petroleumluchtbel die het de mensen alsmaar moeilijker maakt hun energiefactuur te betalen. Maar net als de andere speculatieve bellen, kunnen ook die elk moment uiteenspatten. En dan zal de financiële crisis zich uitbreiden tot de reële economie (industrie).

 De crisis zal de werkende mensen dan niet meer alleen met de inflatie confronteren, maar ook met herstructureringen en afdankingen. De kapitalisten – tenminste degenen die het hoofd koel hebben gehouden en niet mee in het bad zijn gesprongen waardoor ze genoeg winst en liquide middelen hebben weten te vergaren - zullen dan andere bedrijven die failliet gaan voor een prikje kunnen opkopen.

Antispeculatiewetten zijn dringend nodig

 Het inperken van speculatie raakt misschien niet aan de wortels van het kwaad, maar toch zouden antispeculatiewetten direct kunnen verhinderen dat de financiële markten de last van de crisis enkel op de werkende mensen afwentelen.

 Nu kunnen de speculanten (verbonden aan de grote financiers) zonder beperking doen wat ze willen, ook bij de speculatie op voedingsmiddelen en energie. Maar geen enkele Europese regering heeft ernstige maatregelen voorgesteld om die speculatie in te perken, de financiële stromen te controleren of de winsten van de kapitalisten aan te pakken.

 In de Europese Unie zou men ermee moeten beginnen het artikel van het Verdrag van Lissabon over het vrije verkeer van kapitalen in te trekken. Men zou ermee moeten beginnen om de speculatieve leningen in te perken, de meerwaarden gemaakt op de beurs te belasten en de termijnmarkten die tot speculatie aanzetten af te schaffen...

Loonsverhogingen:een noodzaak tegenover de crisis

 

De hoofdoorzaak van de prijsverhogingen in Europa (5 % in juni) zouden de loonsverhogingen zijn. Dat is wat Jean-Claude Trichet, de baas van de Europese Bank met kracht verdedigt. Waarheid of leugen?

 Samengevat stelt Trichet dat door loonsverhoging te vragen, je de tak waarop je zit afzaagt. Je verhoogt er immers de inflatie mee en veroorzaakt zo de crisis die jou je baan zal kosten. Hij benadrukte " dat men alle inschikkelijkheid met de inflatie moest vermijden ". Daarmee stelde hij opnieuw de automatische indexkoppeling van de lonen in België in vraag.

 Maar de prijsstijgingen zijn begonnen met de crisis en haar gevolgen, lang voor er van om het even welke ernstige loonsverhoging sprake was. Het patronaat heeft geen seconde geaarzeld om de stijging van de productiekosten, als gevolg van de explosie van de energie- en grondstofprijzen, te verrekenen in de verkoopprijzen. Met andere woorden: de inflatie wordt in eerste plaats gevoed door de stijging van de grondstofprijzen en energieprijzen, en de werknemers dragen daarvoor geen enkele verantwoordelijkheid.

 Het is pas na die prijsstijgingen dat de acties van de Europese werknemers om hogere lonen te eisen op gang gekomen zijn en niet omgekeerd. Als je de Europese Centrale Bank en het patronaat moet geloven, dan zouden de werknemers zonder morren een daling van hun koopkracht moeten aanvaarden, wat een algemene verarming voor gevolg zou hebben.

 Waarom hoorden we geen enkele regering noch Jean-Claude Trichet ooit praten over een vermindering van de winsten van de kapitalisten om die prijsverhogingen te compenseren?

"De inflatie dat is de euthanasie van de renteniers"

 In zijn strijd tegen de inflatie wil Jean-Claude Trichet vooral het kapitaal ontzien en de lasten van de crisis op de werknemers afwentelen. Enerzijds wil hij de productiekosten inperken door de lonen te blokkeren. Hij wil zo een grotere winst verzekeren voor het patronaat. Anderzijds is het zo dat bij een hoge inflatie, en we gaan hier niet in technische details treden, het geld sneller zijn waarde verliest. Dus als de intrestvoeten die de renteniers kunnen optrekken met hun beleggingen lager zijn dan de inflatiegraad, dan betekent dat zuiver verlies voor het kapitaal. De econoom Keynes zei al dat " inflatie euthanasie is voor renteniers ". Vandaar ook die drang om de inflatie in te perken en de intrestvoeten op te trekken.

 Voor de werknemer daarentegen zijn er twee gevolgen als de lonen de inflatie niet volgen. Eerst en vooral is er de verarming, maar ook gaan de goederen minder vlot verkocht raken wegens de algemene vermindering van de koopkracht. Zo'n productiedaling heeft als gevolg dat een groot deel van de werknemers aan de dop geraken. In feite is dat de weg die Trichet voorstelt, wat trouwens de crisis nog erger zal maken.

 Hier gaat het fundamenteel over een tegenstelling binnen het kapitalistische systeem. De werknemers liggen aan de basis van de productie van alle goederen, maar hebben de middelen niet meer om ze te kopen omdat het patronaat steeds hogere winsten wil door de lonen te beperken.

 Natuurlijk zal de strijd voor hogere lonen niet volstaan om de crisis tegen te houden. Natuurlijk ontkennen we niet dat mogelijke loonsverhogingen in een eerste fase de prijzen nog meer zouden kunnen doen stijgen.

 Maar een verhoging van de lonen kan de nefaste gevolgen voor de werknemers een beetje inperken en het gewicht van de crisis (een beetje) afwentelen op hen die ze veroorzaakten, de kapitalisten.

Is er een manier om het spaargeld van werkende mensen te beschermen?

 

In een systeem waar de winst eerst komt, is geen enkele werkende mens veilig voor de crisis, ook niet voor een financiële. Maar als de staat zou ophouden de kapitalisten te beschermen, dan zou het mogelijk zijn het spaargeld te beschermen.

 De privébanken spelen met je spaargeld op de financiële markten. Een openbare bank daarentegen zou dat spaargeld van de werkende mensen kunnen gebruiken om in nuttige projecten te investeren zoals sociale woningen, crèches, openbaar vervoer enzovoorts. De winst zou niet de zakken vullen van renteniers maar ten goede komen aan de werkende mensen. Omdat een openbare bank niet op de beurs genoteerd wordt, is haar waarde niet onderhevig aan koersschommelingen. De controle op de financiële stromen zou ook gegarandeerd kunnen worden, onder meer om fraude en speculatie te bestrijden. Ter opfrissing: de ASLK (opgeslorpt door Fortis) en het Gemeentekrediet (Dexia geworden) werden nooit met faillissement bedreigd toen ze openbare instellingen waren.

11/07/2008

Photos de Che Guevara 2

 

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08/07/2008

Photos de Che guevara

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guevara à chevalguevara à cheval 2guevara à l'inspection

guevara à l'onu

 

 

 

 

 

 

 

guevara à l'onu 2

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guevara en discours

 

 

 

 

 

 

 

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guevara peintguevara pensifguevara péripleguevara photo de Korda

 

 

 

 

 

 

 

guevara sans béretguevara sur sa terasseguevarra dans la sierraguevara démarche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Vous pouvez visionner des videos du "Che" en cliquant sur le drapeau ici-bas :

cuba drapeau

23/09/2007

Le « subprime » ou l’expropriation du travailleur

 

subprimes

 Nous avons tous entendu parler de la crise de l’immobilier aux USA due aux fameux « subprimes » et de ses conséquences sur l’économie mondiale entraînant une chute importante de la bourse et des faillites en cascade de banques. Mais qu’elles sont les répercussions pour le travailleur ? Qu’est le « Subprime » ?

 

 Le nom complet de ce type de crédit hypothécaire est « subprime mortgage ».

 " Subprime " parce qu’il est accordé à un emprunteur qui n’offre pas les garanties nécessaires, vu leurs faibles revenus, avec des taux variables (c’est important), peu élevés les 2 premières années et ensuite très élevés ce qui apporte de gros bénéfices au prêteur. Ces prêts sont accordés pour de longues périodes : 40 ou 50 ans. Le profit important sur de longue période explique l’empressement des banques US à les généraliser. Celles-ci notent leurs clients en subprime, prime et non-prime. Le risque de non remboursement du candidat emprunteur est coté suivant le système du « crédit scoring », une cotation en point qui évalue l’ âge, la profession, l’adresse, le revenu, la situation familiale,la  totalité des crédits en cours, l’historique de défaut de remboursement, parfois même extrait de casier judiciaire. Ce « credit » scoring » est élaboré par des bureaux privés dont le plus célèbre est Fico. Si le client se révèle être défaillant, c’est à dire lorsque son score est inférieur à 620, il est placé dans la catégorie subprime. La catégorie prime concerne les clients avec peu de risque cotés à 650, et les non-primes sont les candidats présentant une solvabilité absolue, autrement dit, les riches. Donc, le « subprime » s’adresse en premier lieu à des pauvres ou des workings poors (1). On estime à 25%, le nombre d’Américains ayant contracté un « subprime ».

" Mortgage " (2) car ce mot découle du vieux français. C’était une servitude féodale qui contraignait le paysan à un endettement à vie. D’ou « Mort Gage » (3).

Origine des ces prêts

 Depuis Reagan et maintenant Bush, le but de l’administration US était de faire de chaque travailleur américain le propriétaire de son logement. Un des slogans électoraux De G.W. Bush était : « ownership property », la société des propriétaires. Grâce à une réforme des crédits hypothécaires et une déréglementation de deux institutions nationales du crédit (4), les familles US ont pu s’endetter très facilement. A partir de là, la protection par la loi du travailleur a cessé. Cette loi, tout comme actuellement en Belgique, empêchait une personne non solvable d’avoir un crédit. Mais les banques ont rendu ces prêts très attractifs : accordés, au début, pour 30 ans, on ne remboursait que les intérêts les 2 premières années, d’autant plus attrayant que ces taux étaient plus bas que le taux officiel. Après ces 2 ans, les taux variables pouvaient grimper de 5 fois.

 Au début ces prêts servaient essentiellement à acquérir des logements très modestes mais ensuite, ils ont surtout permis de maintenir à un haut niveau de consommation les ménages d’outre-atlantique, condition sine qua non, pour tenir l’économie américaine la tête hors de l’eau et doper ainsi faussement la croissance. En effet, ils sont accordés non seulement pour l’acquisition de logements mais aussi comme crédit à la consommation en plaçant celui-ci en gage. Cette garantie peut-être en 1er, second ou même 3ème rang. La banque qui possède l’hypothèque en 1er rang peut faire vendre le bien dès qu’il y a non remboursement. Celle en second rang doit attendre la fin de la première hypothèque et la troisième attend la fin de la première et de la seconde. Il est donc facile de deviner la hauteur des taux d’intérêts qu’appliquent les banques qui n’ont pas l’hypothèque de 1er rang. Il faut noter que les impôts, aux USA comme en Belgique, sont prioritaires sur n’importe quels créanciers : l’administration fiscale, en cas de dettes envers elle, peut toujours faire vendre en vente forcée, le logement du contribuable même si la maison n’est pas remboursée dans sa totalité !!!

La situation actuelle

  Les familles arrivaient à s’en sortir car, vu la hausse importante du prix de l’immobilier, il leur suffisait de revendre leur bien pour rembourser le capital avec un petit bonus à la clé.  De même certains mettent leur logement, dans une proportion de 5%, en location pour le montant du remboursement mensuel et vivent dans leur caravane, voir leur voiture.

Mais 3 éléments, propre à la crise capitaliste allaient venir « enrayer la machine ».  Les salaires stagnent, voir en baisse, la hausse des taux d’intérêts et la baisse des valeurs immobilières.

  Comme ces dernières années les taux directeurs (5) de la banque centrale américaine sont montés 17 fois, les taux variables de ces prêts se sont envolés : 4 points en 2 ans, et que les salaires stagnent, les familles de travailleurs se sont mis à revendre. Cette augmentation de l’offre immobilière conjuguée à une demande moindre vu la stagnation des revenus a eu pour conséquence une forte baisse de la valeur des logements. La catastrophe pour de nombreuses familles : impossible de revendre au montant du prêt (la valeur des logements a chuté) et impossible de rembourser (les taux ont grimpés et les salaires n’ont pas suivi).

La suite est facile à imaginer : de plus en plus de familles sont expulsées de leur logement sans toutefois être libérées du remboursement. En effet, la revente du bien après la saisie, s’avère être bien inférieur au montant du prêt plus ses intérêts. Exproprié de son logement et endetté à vie, nombreux sont ceux qui se retrouvent en état «  de servitude à vie » devant leur banque. Le salaire du travailleur qui se retrouve dans cette situation, ne sert plus qu’à rembourser. On estime à plusieurs millions, sur les dizaines millions d’emprunteurs à qui les banques ne demandaient pas de justifier leurs revenus, les victimes de cette crise (6). Il leur reste à vivre dans les camps de mobil-homes qui fleurissent à la périphérie des grandes villes américaines. Comme ces immeubles se retrouvent vendables à très bas prix, des sociétés se sont spécialisées pour les racheter et les mettrent en location. Le comble : il arrive que ces logements soient loués à ceux qui en ont étés expulsés !!!  Le rêve américain s’est transformé en cauchemar !!

Là où les économistes capitalistes parlent d’erreurs, de décrochage, d’instabilité du système ou manque de sagesse des spéculateurs, on y voit le fondement même du système : la recherche du profit à outrance même si cela passe par des procédés sans scrupules, sans éthiques voir même à la limite de la légalité. Ces acteurs, les banquiers, qui se présentent sous des couverts respectables, spéculent à mort sur les plus pauvres. L’expansion du marché est une condition de survie du capitalisme. Le système capitaliste ne peut donc mener qu’à l’expropriation du travailleur. En transformant artificiellement le travailleur en « propriétaire »(on n’est pas vraiment propriétaire si on rembourse toute sa vie), il lui reprend son salaire sous forme de prêts fonciers et d’intérêts remboursable à vie. C’est au moment même où le capitaliste « permet » au salarié d’être propriétaire que se termine, pour le travailleur, le processus de son expropriation et qu’il devient pauvre pour toute sa vie. Le cercle est refermé (voir encart). La crise du « Subprime » n’est donc pas un avatar ou une escroquerie de délinquants mais fait partie de la structure même du système capitaliste.

Et en Belgique ?

  Dans notre pays, avec la hausse ininterrompue de l’immobilier depuis 10 ans et, la baisse effective des salaires par rapport au coût de la vie due, entre autre,  à la non indexation réelle des salaires et tous les procédés visant à freiner les salaires, il devient de plus en plus difficile pour les travailleurs d’acquérir leur logement. En effet, Le prix moyen d’un logement est de 160.000 euros. Ce prix est monté en moyenne de 50% lors des quatre dernières années, avez-vous vu une étude d’ Immotheker réalisée pour Het niewsblad, conclu qu’il est devenu pratiquement impossible pour une personne seule d’avoir un prêt hypothécaire, ainsi que pour près de la moitié des couples à deux revenus. En 2003 la proportion de couples capables d’acheter leur maison était de 66% et celle des isolés de 14,2%. Cette possibilité est descendue à 50% pour les couples et à 6,3% pour les personnes seules. Encore que dans bien des cas l’aide des parents est nécessaire sous forme de capital de départ ou sous forme d’aval du prêt. Dans ce cas, les parents mettent leur propre maison en gage pour le crédit hypothécaire de leur enfant. Sachant que pour la génération actuelle, il est de plus en plus difficile de mettre de côté, il deviendra pratiquement impossible aux travailleurs actuels d’aider leur propre enfant.

 Vu la chute générale des revenus, une des solutions avancées par les banques belges pour quand même accorder des prêts est d’allonger la durée des prêts hypothécaires. Si on rembourse plus longtemps on rembourse moins par mois, mais, la somme totale remboursée sera beaucoup plus importante. La durée moyenne des prêts était de 20 ans mais est maintenant de 25 ans avec une proportion, encore petite de 30 ans. Les prêts à 40 ans sont encore fort peu nombreux car la loi oblige que la totalité du prêt soit remboursé avant l’âge de la pension. Il est vrai que ces prêts de 40 ans sont de plus en plus nombreux en France et en Italie. Il est intéressant de suivre cette évolution avec attention.

Pareille situation peut-elle arriver en Belgique ?

  Avec notre législation actuelle, on peut dire que des prêts « subprime » sous la forme américaine sont impossibles à accorder. Même si les emprunteurs sont aussi sujets au « credit scoring », la loi interdit de prêter aux travailleurs qui n’ont pas le score minimum. Donc, en principe, la solvabilité (la capacité à rembourser) du travailleur doit être prouvée. De même, les taux variables, contrairement aux USA, ne peuvent généralement être revus à la baisse ou à la hausse que tous les 5 ans et dans une marge de -2% à +2%. Mais il y a un hic : lorsque le chômage, la maladie ou le divorce entre en jeu. C’est très souvent le cas des travailleurs se trouvant en situation de non remboursement car rien n’est prévu si les revenus du ménage viennent à chuter à cause de vicissitudes malheureuses de la vie. La loi devrait prévoir une sorte de moratoire dans tels cas. Les mensualités devraient être automatiquement adaptées aux nouveaux revenus. De même en cas de grève de longue durée dans son entreprise, le travailleur devrait voir ses mensualités reportées à la fin du conflit.

 Cette impossibilité croissante d’acquérir une maison et le manque chronique de logements sociaux poussent les travailleurs à se tourner vers le privé (la location) avec comme conséquence la hausse vertigineuse des loyers vu que la demande de logements décents dépasse fortement l’offre. Raison pour laquelle on voit fleurir dans les grandes villes les logements insalubres proposés par les marchands de sommeil. Ceux-ci n’étant en fait qu’une des conséquences du système capitaliste lui-même.

Il était pourtant possible d’éviter cela

 En Belgique, à l'origine, la possibilité pour le travailleur de devenir propriétaire de son logement a été donné par la classe politique catholique qui y voyait un moyen de ne pas investir dans des logements sociaux. C'était surtout un moyen de diminuer la responsabilité de l'état en matière de logement et de créer un marché juteux pour le capitalisme. En effet, si l’état mettait à disposition du travailleur des logements sociaux de bonne qualité en suffisance, beaucoup n’achèteraient pas leur maison privant du même coup la manne de profit qu’engendrent les intérêts des prêts hypothécaires.

 

(1) Travailleurs déclarés à très bas revenus. En voie de généralisation dans tous les pays capitalistes. Les revenus de ces travailleurs ne suffisent pas à mener une vie digne.

(2) Les banques spécialisées dans ces crédits hypothécaires incorpore d’ailleurs le terme dans son nom. Par ex : American home mortage.
(3) On voit dans le nom même la finalité de ce type de prêt.

(4) Fanny Mae et Freddy Mac : mastodontes parapublics des prêts immobiliers US qui pèsent plus de 50% du marché des prêts immobiliers aux Etats-Unis. En fait, la loi américaine n’oblige plus à posséder les 20% du capital pour acquérir le bien immobilier. Seule le bien servait de gage en cas de cessation de paiement.
 Attention même si ce sont des organismes parapubliques, une partie du capital est privé. Par ex Fanny Mae : -AXA 4.5%,Bank of America 1.7%,Barklays 5.1%, Fidelity 8%,Capital Research 6.9%. Freddy Mac : AXA 4.7%,Barclays 4.6%,Allianz 2.4%,Fidelity 7.9%,Goldman Sachs 3.3%. Il est facile d’imaginer les pressions qu’on pu faire ces banques privées pour faire changer la loi.

(5) Taux d’intérêts au jour le jour fixés par les banques centrales d’un pays ou d’une union monétaire afin de réguler l’activité économique. Par ex : comme les banques empruntent entre elles ou à la banque centrale, leur taux d’intérêts appliqués à leurs clients doivent être forcément plus haut que ceux de la banque centrale afin de réaliser des bénéfices.
(6) On estime à 1,25 millions de ménages US en cessation de paiement en 2006. Ce chiffre fatalement sera en augmentation en 2007.

Encart :

Il impossible de comprendre le lien social irrationnel du monde de production capitaliste qui lie la montée des taux d’intérêts et la hausse de la valeur des biens immobiliers sans revenir à la théorie de la rente foncière. Le prix foncier est formé par la capitalisation de la rente foncière. Autrement dit le loyer moyen est l’intérêt du capital représenté par le prix du bien immobilier. Cela se comprend aisément dans le fermage mais apparaît moins clairement dans le cas de l’acquisition du logement. Etrange mais mathématique : si les taux montent, le prix immobilier baissent et l’inverse est vrai aussi. En fait moins un bien immobilier est cher plus l’intérêt est grand. Lorsque le marché de l’immobilier est bas, les taux sont hauts et sur base d’un remboursement en 20 ans, vous rembourserez au total une somme plus importante que si vous achetez un bien devenu cher lorsque le marché immobilier est en hausse. Le système capitaliste fera alors descendre les taux d’intérêts afin de continuer à vendre et au final, toujours sur base d’un remboursement en 20 ans, vous aurez remboursé moins que lorsque le marché est en baisse. De même, Marx, dans la théorie de la plus-value nous dit ceci : sans la propriété foncière, "Une condition de production tout à fait essentielle, et -à part l’homme et son travail- la seule condition de production originelle, ne pourrait pas être cédée, ne pourrait pas être appropriée et, partant, elle ne pourrait faire face à l’ouvrier comme propriété d’autrui ni faire de lui un salarié. (...) De fait, la production capitaliste en général aurait cessé d’exister." (Marx, Théorie sur la plus-value). La propriété foncière, est en fait l’expropriation des travailleurs de sa terre et de son habitat. C’est bien, même à travers cette crise du subprime, la propriété privée des moyens de production dans les mains d’une poignée de capitalistes qui est la cause de l’expropriation de l’homme.

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