14/07/2008

Crise financière : Jusqu’où ira-t-elle ?

 

La pire chute de la Bourse de Bruxelles depuis 21 ans », titre le Soir. Les banques Fortis et Dexia plongent. L’inflation dépasse les 5 %. Une grave crise économique s’annonce.crise financiére

 Pas un jour ne passe sans une annonce de pertes massives dans le milieu financier. La perte totale par les banques atteindrait les 945 milliards (près de 600 milliards d’euros) selon le Fonds Monétaire International. Cela ne devrait pas s’arrêter car Fortis chez nous, la Royal Bank of Scotland et Barclays s’attendent à un effondrement du système bancaire sous peu. « Une période très dangereuse se rapproche rapidement - soyez prêts », met en garde Bob Janjuah, l’analyste  de la banque écossaise.

 « Nous sommes dans une mauvaise passe. Il y a à l’heure actuelle un choc inflationniste. Cela va s’avérer très négatif pour les actifs financiers. Nous allons nous mettre en position défensive. Les investisseurs s’en sortiront bien s’ils parviennent à préserver leurs patrimoines », a déclaré Tim Bond, le stratège du groupe Barclays Capital, la filiale de la Barclays Bank spécialisée dans la gestion des grosses fortunes. « La situation aux États-Unis est bien pire que nous le pensions », annonce Maurice Lippens, big boss de la Fortis, « on prévoit quelque 6 000 faillites parmi les banques américaines qui ont actuellement une faible couverture. Mais des groupes comme Citigroup, General Motors, Chrysler peuvent être emportés. Un effondrement total s’amorce aux États-Unis.

 Nous sommes ainsi au début d’une crise économique d’envergure sous tous ses aspects : économique, financier, industriel, alimentaire et énergétique vu la flambée des coûts. Elle est due au fonctionnement même du système capitaliste (voir l’article sur la spéculation)

Faut-il craindre pour l’avenir de votre épargne ?

 Dans l’immédiat, faut-il craindre pour l’avenir de votre épargne, qu’elle soit sous forme de comptes épargnes, de fonds de pension ou d’actions ?
Si d’aventure, vous avez quelques actions à risque, vendez-les, c’est ce que conseillent les banques des grandes fortunes.

 Mais faut-il craindre pour votre compte d’épargne ? Avec une chute des cours boursiers de nos principales banques en Belgique, plus de 40 % pour Fortis et Dexia, -27 % pour la KBC, soit de  2,4 milliards d’euros de dépréciations d’actifs, il y a de quoi s’inquiéter.

 En économie, le risque de faillite n’est jamais nul mais, dans notre pays il existe des mécanismes pour protéger les comptes épargnes, comptes à vue et comptes à termes. Si une banque fait faillite ou s’avère incapable de respecter ses obligations, le Fonds de protection des dépôts et des instruments financiers (par la loi du 17 décembre 1998 il est constitué par des dépôts de chaque grande banque) pourra intervenir jusqu’à concurrence de 20 000 euros par personne et par compte épargne. De quoi être rassuré dans un premier temps. Même si plusieurs banques devaient tomber en faillite, l’Etat peut, à l’instar de ce qui a été fait aux USA, mettre un très gros montant sur la table afin de sauver les banques. Ou faire comme le gouvernement britannique qui a nationalisé la Northern Rock, une banque tombé en faillite l’hiver dernier.

 Mais attention, dans ce cas, ce sont les travailleurs qui, avec leurs impôts, couvrent les pertes de ce genre de banques. Et comble, le gouvernement britannique a déjà annoncé que la Northern Rock serait reprivatisée dès que sa situation se serait améliorée.

 C’est la logique des Etats capitalistes qui nationalisent les pertes et qui privatisent les profits en laissant les travailleurs supportés seuls la crise.

Le problème se limite-t-il aux banques ?

 Un tel scénario pourrait-il arriver dans d’autres pays européens ? On peut le craindre. Le 3 juillet, le célèbre groupe financier Goldman Sachs a averti qu’il manque entre 60 et 90 milliards d’euros pour consolider les fonds propres des banques européennes. Les banques belges pourraient alors quand même s’effondrer par l’effet domino. L’imbrication des banques en Europe entre elles est telle que si une seule venait à faire faillite – pour autant qu’elle soit d’une certaine taille - elle pourrait faire tomber les autres.

 Le problème se limiterait-il aux banques ? Pas vraiment. Des banques en difficulté restreignent leurs crédits et donc affectent lentement mais sûrement l’économie réelle, l’industrie.

 Les risques de chute brutale des actions industrielles deviennent réalité. Le cours de General Motors a chuté ainsi la semaine dernière, atteignant  son cours de… 1954, ruinant des milliers de petits épargnants. Renault et Peugeot ont vu aussi leur valeur chuter de moitié . Les nuages s’amoncellent aussi pour les travailleurs.

Y-a-t-il moyen de protéger l’épargne du travailleur ?

 

Dans un système du profit d’abord, aucun travailleur n’est à l’abri d’une crise, y compris financière. Mais si l’Etat cessait de protéger les capitalistes, il serait possible de protéger l’épargne.

 Les banques privées jouent avec votre épargne sur les marchés financiers. Par contre, une banque publique pourrait se servir de l’épargne des travailleurs pour investir dans des projets utiles tels que les logements sociaux, crèches, transports en commun, etc.

 Les profits n’iraient pas grossir les poches des rentiers mais pourraient revenir aux travailleurs. Comme une banque publique n’est pas cotée en Bourse sa valeur ne fluctuerait pas avec les aléas de celle-ci. Le contrôle sur les flux financiers pourrait aussi être assuré, notamment pour combattre la fraude et la spéculation.

 Souvenons-nous que la CGER (absorbée depuis par Fortis) et le Crédit Communal (devenu Dexia), du temps où ils étaient publiques n’ont jamais été menacés de faillite.

Financiële crisis:Hoe diep kan ze gaan?

 

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“De ergste terugval van de Beurs van Brussel sinds 21 jaar”, bloklettert Le Soir. Fortis en Dexia kelderen. De inflatie stijgt uit boven de 5 %. Een zware economische crisis kondigt zich aan.

“Verkoop je aandelen maar snel, voor het te laat is"

 Er gaat geen dag voorbij zonder berichten over massale verliezen in de financiële sector. Volgens het Internationaal Monetair Fonds zou het totale verlies van de banken oplopen tot 945 miljard dollar (nagenoeg 600 miljard euro). En daar houdt het niet mee op, want Fortis bij ons en de Royal Bank of Scotland en Barclays verwachten dat binnen afzienbare tijd het bankwezen instort. “Er nadert met rasse schreden een zeer gevaarlijke periode – wees er op voorbereid”, waarschuwt Bob Janjuah, de analist van de Schotse bank. “We maken een zware tijd door. Er heerst op het ogenblik een inflatieschok. Die zal een zeer negatieve invloed hebben op de financiële activa. We zullen een defensieve houding aannemen. Als de investeerders erin slagen hun patrimonium te vrijwaren dan komen ze er goed vanaf”, zo verklaarde Tim Bond, de strateeg van de groep Barclays Capital, het filiaal van de Barclays Bank dat gespecialiseerd is in het beheer van grote fortuinen. “De toestand in de Verenigde Staten is veel erger dan we dachten”, verklaart Maurice Lippens, big boss van Fortis, “Men verwacht 6.000 faillissementen bij de Amerikaanse banken die vandaag een zwakke dekking hebben. Maar groepen als Citygroep, Generals Motors, Chrysler kunnen meegesleurd worden. Er is een aanzet tot totale ineenstorting in de Verenigde Staten.”

Moet je voor de toekomst van je spaargeld vrezen?

 We zitten ook aan de vooravond van een allesomvattende economische crisis: zowel op het vlak van de economie, als op dat van de financiën, de industrie, de voeding en de energie. Allemaal door de plotse prijsstijgingen. De oorzaak ligt bij de werking van het kapitalistische systeem zelf. (Zie het artikel over de speculaties).

 Moet je in de onmiddellijke toekomst vrezen voor je spaargeld? Maakt het een verschil of je dat hebt in de vorm van een spaarboekje, een pensioenfonds of aandelen? Als je toevallig enkel risicoaandelen bezit, verkoop ze dan, dat is wat de banken die grote fortuinen beheren aanraden.

 Maar moet je je zorgen maken over je spaarboekje? Met de val van de beurskoers van onze belangrijkste Belgische banken is er alle reden tot bezorgdheid. Fortis en Dexia verloren meer dan 40 %, KBC zo’n 27 %, samen 2,4 miljard euro vermindering van de activa.

 In de economie is het risico op een faillissement nooit helemaal uit te sluiten, maar in ons land bestaan er mechanismen om spaarrekeningen, zichtrekeningen en termijnrekeningen te beschermen. Als een bank failliet gaat of als blijkt dat ze haar verplichtingen niet kan nakomen, dan kan het Beschermingsfonds voor deposito’s en financiële instrumenten (door de wet van 17 december 1998 wordt dat gespijsd door bijdragen van alle grote banken) bijspringen voor een bedrag tot 20.000 euro per persoon en per spaarrekening. Laat dat je in een eerste fase geruststellen. Ook al zouden verschillende banken failliet gaan, dan nog kan de staat, zoals dat in de Verenigde Staten gebeurde, een groot bedrag op tafel leggen om de banken te redden. Of doen zoals de Britse regering, die de Northern Rock nationaliseerde, een bank die vorige winter failliet ging. Maar let wel, in zo’n geval is het de werkende bevolking die met haar belastinggeld de verliezen van dergelijke banken aanzuivert. En toppunt van alles, de Britse regering kondigde al aan dat de Northern Rock opnieuw geprivatiseerd zal worden zodra haar toestand terug beter wordt.

 Dat is de logica van de kapitalistische staten die de verliezen nationaliseren, de winsten privatiseren en alleen de werkende bevolking de lasten van de crisis laten dragen.

Beperkt het probleem zich tot de banken?

 Is zo’n scenario ook mogelijk in andere Europese landen? Het valt te vrezen. Op 3 juli heeft de bekende financiële groep Goldman Sachs gewaarschuwd dat er 60 tot 90 miljard euro te kort is voor de consolidatie van de eigen fondsen van de Europese banken. De Belgische banken zouden dan toch kunnen instorten als gevolg van het domino-effect. De nauwe samenhang tussen de Europese banken is dusdanig dat als er één failliet gaat – als ze tenminste een zeker gewicht heeft – ze de anderen kan meesleuren.

 En beperkt dat probleem zich tot de banken? Niet echt. Wanneer banken in moeilijkheden geraken, beperken ze hun kredieten en tasten ze langzaam maar zeker de echte economie, de industrie, aan.

 Het risico op een sterke val van de industriële aandelen wordt dus reëel. Zo viel de koers van General Motors vorige week, tot zijn niveau van ...1954, en ruïneerde daarmee duizenden kleine spaarders. Renault en Peugeot zagen hun koers ook halveren. Er komen donkere wolken aan, ook voor de werknemers.