19/05/2008

Les géants de la finance spéculent sur la famine

 

spéculation

Suite à la crise boursière, des géants de la finance conseillent à leurs clients d’investir dans les denrées alimentaires. Au risque d’affamer les gens.

 La spéculation est le fait d’acheter ou de vendre, en général en bourse, une quantité de marchandise. Cela peut-être de l’immobilier, des denrées alimentaires, des matières premières et même des produits financiers. En espérant que la valeur monétaire augmentera afin de revendre le produit avec un substantiel profit. La spéculation peut se faire dans divers secteurs économiques. Dans le cas des denrées alimentaires, cela se passe dans les bourses de commerce. La principale pour les céréales est celle de Chicago. C’est donc un véritable casino où le « trader » parie sur le coût futur des produits alimentaires. En faisant cela, les spéculateurs augmentent artificiellement la demande par rapport à l’offre ce qui fait littéralement gonfler les prix.

Comment cette situation a-t-elle pu se développer ?

 Les fonds d’investissement et les fonds de pension ne trouvant plus de profit sur le marché des actions suite à la crise boursière, se sont tournés vers le marché dit des valeurs refuges : les matières premières et les produits agricoles. Après la crise de la bourse du mois d’août, afin de sauver leur capital, les vautours de la finance se sont transformés en affameurs. Deux géants financiers Goldman-Sachs et Marc Faber écrivaient dans un courriel datant du 16 août 2007 que les prix agricoles étaient « attractifs » et conseillaient à tous leurs clients d’investir dans les denrées alimentaires (1). La spéculation était en route. Sur la télévision d’affaires Bloomberg, l’un d’eux a même déclaré avec un cynisme sans bornes « si nous vivons une récession mondiale, cela n’affectera pas l’alimentation car les gens mangent quand même » (2).

 En Belgique aussi, dès l’été dernier, Geert Naels de la firme Petercam Equities Agrivalue conseillait les gros portefeuilles de se tourner vers l’alimentaire. Depuis la production alimentaire jusque y compris la vente au consommateur. Donc y compris les entreprises qui exercent des activités utiles dans la chaîne alimentaire comme l’entreposage, le transport, l’emballage et le financement.
Ce type d’investissement contrôle donc toute la chaîne alimentaire et peut donc fixer les prix pour leur plus grand profit, quitte à affamer les travailleurs.


Le système capitaliste mis en cause

 Karl Marx avait déjà observé ces phénomènes au 19ème siècle lors des grandes crises agricoles qui tuaient par la faim un grand nombre de travailleurs européens, c’est donc bien un fondement du système capitaliste. Ces pratiques sont dignes des « accapareurs », car c’est une véritable manipulation qui contribue à créer une pénurie artificielle.


1 Nouvelle solidarité septembre 2007. • 2 Bloomberg 19 août 2007
   

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