27/09/2007

pétition pour sauver la solidarité en Belgique

 

SLS

Un grand mouvement initié par les syndicats et soutenus par beaucoup de personnalités tant du Sud que du Nord du pays à émis une pétition. Je vous invite à la soutenir, tout comme le PTB, qui entièrement d'accord avec cette pétition. Voici le texte :

Pétition: Sauvons la solidarité

 Nous sommes Wallons, Bruxellois ou Flamands, nous sommes citoyens du monde. Nous ne voulons pas qu’on érige de nouveaux murs entre des gens, entre des régions et entre des pays. Nous ne voulons pas que le principe de base de solidarité soit remplacé par la concurrence et l’égoïsme. Qui tirera profit de dresser les gens les uns contre les autres ?

Tout ce que nous avons aujourd’hui en Belgique, nous l’avons obtenu ensemble, Flamands, Bruxellois et Wallons. La solidarité entre les citoyens les plus riches et les plus pauvres, ainsi que la solidarité entre les régions plus riches et les plus pauvres sont des piliers de notre société Belge.

 Nous voulons pour chacun un salaire convenable pour le même travail, indépendamment de la langue que nous parlons. Nous voulons que tous nos concitoyens aient le même droit à des conditions de travail et de vie saines et sécurisées, indépendamment du lieu ou se situe l’usine ou le bureau. Nous voulons que chacun qui perd son boulot, puisse avoir droit au même soutien et aide, indépendamment de la région où il habite. Nous voulons que chaque enfant ait les mêmes chances, indépendamment de la région de naissance. Nous voulons que toutes les personnes âgées continuent à avoir un droit identique à une pension décente, indépendamment du fait qu’elles vivent à Bruxelles, en Flandre ou en Wallonie. Bref, nous voulons la solidarité, pas la scission.

 Lien vers la pétition : http://www.sauvonslasolidarite.be/

Position du PTB à ce sujet :

 Le PTB soutient la pétition Sauvons la Solidarité

 Le PTB souscrit pleinement à la pétition Sauvons la Solidarité (www.sauvonslasolidarite.be). L’initiative d’artistes, de professeurs et de syndicalistes de lancer cette initiative pour le maintien de la solidarité fédérale tombe à pic. Il est dans l’intérêt des travailleurs que tant la sécurité sociale, le droit du travail que les conventions collectives de travail restent des compétences fédérales.

 Le PTB est un parti national et bilingue. Les membres du parti de Courtrai à Liège mènent campagne sur les mêmes thèmes. Que ce soit contre la hausse des prix du gaz par Electrabel et Luminus. Ou que ce soit lors d’actions contre le réchauffement climatique et pour la justice sociale. Nous organisons régulièrement des échanges au-delà de la barrière linguistique. Ainsi, à l’initiative du PTB, des dizaines de cheminots de Charleroi, la Louvière et Namur ont visité leurs collègues du port d’Anvers. Au mois de novembre, des habitants de Zelzate (Gand) rendront visite à ceux de La Louvière, à l’initiative des conseillers communaux du PTB de ces deux communes.

 La direction journalière du PTB est aussi bilingue. Ce n’est pas toujours simple mais c’est très enrichissant. Comme les 15 élus communaux du PTB travaillent ensemble qu’ils viennent d’Herstal, Seraing, La Louvière ou de Genk, Hoboken ou Deurne (Anvers). Dans un monde de plus en plus globalisé, il nous semble indispensable de travailler ensemble à l’échelle de notre petit pays.

 Notre hebdomadaire Solidaire (bilingue) a publié depuis un mois une série d’interviews de personnalités« Belgique, ne me quitte pas » dont notamment ceux du président de la CSC Luc Cortebeeck et de la secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne. « La régionalisation de la sécurité sociale vise à une privatisation de la sécurité sociale. Ce n’est plus un objectif caché. Les libéraux ont adopté une position qui va clairement dans ce sens. Et des libéraux, de nos jours, on en trouve pratiquement dans tous les partis. Tout comme on a des tendances régionalistes aussi bien au CD&V, qu’à l’Open VLD et au SP.a. » a ainsi dit Luc Cortebeeck Et Anne Demelenne (FGTB) a déclaré: « La solidarité interpersonnelle, base de la sécurité sociale, est essentielle et elle a été construite sur une base fédérale. Et doit rester comme telle. Même chose pour le droit du travail. Ce serait aberrant pour des entreprises multisièges, présentes dans plusieurs régions du pays, de pratiquer des salaires différents, des conditions de travail différentes. Ce serait ingérable. »  Comme parti national et bilingue de travailleurs, nous souscrivons complètement à cette vision. Et nous ne ménagerons pas nos efforts pour collecter le plus de signatures possibles pour la pétition

Au nom de la direction journalière du PTB

Raoul Hedebouw et Peter Mertens, porte-parole nationaux

0477 986510       

raoul_hedebouw(at)yahoo.fr

 Ensemble avec les 15 élus du PTB+ et PVDA+ de Deurne, Genk, Herstal, Hoboken, La Louvière, Lommel, Seraing en Zelzate

  1. Nadia Moscufo (Herstal)
  2. Hans Krammisch (Seraing)
  3. Harrie Dewitte (Genk)
  4. Jan Keijzer (La Louvière)
  5. Johan Vandepaer (Herstal)
  6. Dirk Goemaere (Zelzate)
  7. Dirk Van Duppen (Deurne)
  8. Erica De Meyer (Hoboken)
  9. Frans Van Acoleyen (Zelzate)
  10. Geert Asman (Zelzate)
  11. Karl Segers (Zelzate)
  12. Maureen Tollenaere (Zelzate)
  13. Mie Branders (Hoboken)
  14. Philiep De Vuyst (Zelzate)
  15. Staf Henderickx (Lommel)

Lien vers le PTB : http://www.pvda.be:80/fr/nouvelles/article/communique-de-...


 

26/09/2007

Le Che : Histoire d’une photo

 

FLAG03

 Le 9 octobre, il y aura 40 ans que « El comandante » mourrait, assassiné lâchement sous les ordres de la CIA. Depuis, il n’y a pas une région du monde où la célèbre photo de Korda ne soit connue. Mais d’où vient-elle ?

 Korda a pris cette photo le 5 mars 1960. On y voit la beauté et le charisme du Che qui va rendre ce cliché célèbre, mais derrière ses yeux de braises où couve l’ardeur révolutionnaire, se cache toute la douleur, d’ Ernesto, l’homme. Ses entrailles, ce jour-là brûlent de douleur pour les travailleurs cubains. En effet, Korda photographie Le Che alors que celui-ci, assis sur une tribune qui avait été érigée le long du cimetière Colon à La Havane, Calle 23, à quelques encablures de la place de la Révolution, se recueillait aux obsèques des victimes de l’attentat du bateau « La Coubre ».

 Ce navire, Français en l’occurrence, était chargé d’armes achetées à la Belgique afin d’équiper le peuple cubain pour défendre sa révolution. La veille, le 4 mars, la CIA, on le sait maintenant, avait fait explosé ce bateau tuant du même coup 75 travailleurs cubains et blessant 200 autres. C’étaient des dockers travaillant au port. 9 marins français furent aussi tués dans cet acte ignoble.

 Ces 4 et 5 mars 1960 étaient donc jour de deuil national car le sang cubain, et même français , avait coulé. C’est tout ce drame qu’exprime le regard du « Che » sur cette photo. C’est toute sa haine de l’impérialisme Yankee que le révolutionnaire lance à la face de ces assassins. Ces chantres de la liberté et de la démocratie plongeaient, par leur ignominie, tout un peuple dans la douleur.

 Déjà depuis 1959, les USA avaient fomentés divers attentats contre Cuba, visant notamment les ambassades de Cuba à Haïti ou en république dominicaine, mais ce 4 mars était bien plus qu’un simple drame. C’est l’annonce par l’administration US que désormais entre les USA et Cuba ce sera une lutte à mort. C’est ce 5 mars que Fidel s’écria pour la première fois « Patria o Muerte ».

 Mais quelle injustice que cette photo, engendrée dans la douleur, de cette douleur du père qui voit mourir ses fils, de cette douleur du compagnon de la révolution qui voit disparaître ceux pour qui il s’est battu, des travailleurs, soit récupérée par le capitalisme pour en faire un des objets les plus vendus au monde. Faire d’une marchandise l’un des plus farouches opposants au capitalisme. Rien d’étonnant car comme l’a dit Lénine : »le capitaliste vendrait jusqu’à la corde pour le pendre ». Quelle injustice de Voir M. Daerden se déguiser sur son t-shirt en Guevara car derrière cette photo se cache un authentique révolutionnaire communiste qui s’est battu jusqu’à en mourir contre le capitalisme et l’impérialisme, son stade suprême. Cet impérialisme qui tue et massacre tous ceux qui le remettent en question, qui ce 4 mars 1960 a lâchement assassiné des travailleurs cubains sur leur lieu de travail.

 Si le Che est toujours vivant, c’est parce que la révolution qui l’a vu devenir « El comandante » est toujours là victorieuse, malgré l’embargo, malgré les centaines d’autres attentats commis par la CIA sur le sol cubain. Cette révolution qui a mis fin à l’injustice et l’exploitation du capitalisme. Voilà, le seul crime que ces 75 travailleurs cubains avaient commis.

 Et pourtant il y a bien d’autres des photos du Guerriero eroico, mais c’est celle-là qui devenu l’icône des anti-impérialistes du monde entier car c’est bien dans cette photo de Korda qu’on y lit la douleur et la volonté inébranlable du révolutionnaire compagnon de la révolution de combattre l’impérialisme. Le Che ne doit être pas un souvenir ou un cadre au mur mais le symbole qu’il est possible de renverser le capitalisme, qu’il est possible que le socialisme triomphe !!!

« Hasta la victoria siempre »

23/09/2007

Le « subprime » ou l’expropriation du travailleur

 

subprimes

 Nous avons tous entendu parler de la crise de l’immobilier aux USA due aux fameux « subprimes » et de ses conséquences sur l’économie mondiale entraînant une chute importante de la bourse et des faillites en cascade de banques. Mais qu’elles sont les répercussions pour le travailleur ? Qu’est le « Subprime » ?

 

 Le nom complet de ce type de crédit hypothécaire est « subprime mortgage ».

 " Subprime " parce qu’il est accordé à un emprunteur qui n’offre pas les garanties nécessaires, vu leurs faibles revenus, avec des taux variables (c’est important), peu élevés les 2 premières années et ensuite très élevés ce qui apporte de gros bénéfices au prêteur. Ces prêts sont accordés pour de longues périodes : 40 ou 50 ans. Le profit important sur de longue période explique l’empressement des banques US à les généraliser. Celles-ci notent leurs clients en subprime, prime et non-prime. Le risque de non remboursement du candidat emprunteur est coté suivant le système du « crédit scoring », une cotation en point qui évalue l’ âge, la profession, l’adresse, le revenu, la situation familiale,la  totalité des crédits en cours, l’historique de défaut de remboursement, parfois même extrait de casier judiciaire. Ce « credit » scoring » est élaboré par des bureaux privés dont le plus célèbre est Fico. Si le client se révèle être défaillant, c’est à dire lorsque son score est inférieur à 620, il est placé dans la catégorie subprime. La catégorie prime concerne les clients avec peu de risque cotés à 650, et les non-primes sont les candidats présentant une solvabilité absolue, autrement dit, les riches. Donc, le « subprime » s’adresse en premier lieu à des pauvres ou des workings poors (1). On estime à 25%, le nombre d’Américains ayant contracté un « subprime ».

" Mortgage " (2) car ce mot découle du vieux français. C’était une servitude féodale qui contraignait le paysan à un endettement à vie. D’ou « Mort Gage » (3).

Origine des ces prêts

 Depuis Reagan et maintenant Bush, le but de l’administration US était de faire de chaque travailleur américain le propriétaire de son logement. Un des slogans électoraux De G.W. Bush était : « ownership property », la société des propriétaires. Grâce à une réforme des crédits hypothécaires et une déréglementation de deux institutions nationales du crédit (4), les familles US ont pu s’endetter très facilement. A partir de là, la protection par la loi du travailleur a cessé. Cette loi, tout comme actuellement en Belgique, empêchait une personne non solvable d’avoir un crédit. Mais les banques ont rendu ces prêts très attractifs : accordés, au début, pour 30 ans, on ne remboursait que les intérêts les 2 premières années, d’autant plus attrayant que ces taux étaient plus bas que le taux officiel. Après ces 2 ans, les taux variables pouvaient grimper de 5 fois.

 Au début ces prêts servaient essentiellement à acquérir des logements très modestes mais ensuite, ils ont surtout permis de maintenir à un haut niveau de consommation les ménages d’outre-atlantique, condition sine qua non, pour tenir l’économie américaine la tête hors de l’eau et doper ainsi faussement la croissance. En effet, ils sont accordés non seulement pour l’acquisition de logements mais aussi comme crédit à la consommation en plaçant celui-ci en gage. Cette garantie peut-être en 1er, second ou même 3ème rang. La banque qui possède l’hypothèque en 1er rang peut faire vendre le bien dès qu’il y a non remboursement. Celle en second rang doit attendre la fin de la première hypothèque et la troisième attend la fin de la première et de la seconde. Il est donc facile de deviner la hauteur des taux d’intérêts qu’appliquent les banques qui n’ont pas l’hypothèque de 1er rang. Il faut noter que les impôts, aux USA comme en Belgique, sont prioritaires sur n’importe quels créanciers : l’administration fiscale, en cas de dettes envers elle, peut toujours faire vendre en vente forcée, le logement du contribuable même si la maison n’est pas remboursée dans sa totalité !!!

La situation actuelle

  Les familles arrivaient à s’en sortir car, vu la hausse importante du prix de l’immobilier, il leur suffisait de revendre leur bien pour rembourser le capital avec un petit bonus à la clé.  De même certains mettent leur logement, dans une proportion de 5%, en location pour le montant du remboursement mensuel et vivent dans leur caravane, voir leur voiture.

Mais 3 éléments, propre à la crise capitaliste allaient venir « enrayer la machine ».  Les salaires stagnent, voir en baisse, la hausse des taux d’intérêts et la baisse des valeurs immobilières.

  Comme ces dernières années les taux directeurs (5) de la banque centrale américaine sont montés 17 fois, les taux variables de ces prêts se sont envolés : 4 points en 2 ans, et que les salaires stagnent, les familles de travailleurs se sont mis à revendre. Cette augmentation de l’offre immobilière conjuguée à une demande moindre vu la stagnation des revenus a eu pour conséquence une forte baisse de la valeur des logements. La catastrophe pour de nombreuses familles : impossible de revendre au montant du prêt (la valeur des logements a chuté) et impossible de rembourser (les taux ont grimpés et les salaires n’ont pas suivi).

La suite est facile à imaginer : de plus en plus de familles sont expulsées de leur logement sans toutefois être libérées du remboursement. En effet, la revente du bien après la saisie, s’avère être bien inférieur au montant du prêt plus ses intérêts. Exproprié de son logement et endetté à vie, nombreux sont ceux qui se retrouvent en état «  de servitude à vie » devant leur banque. Le salaire du travailleur qui se retrouve dans cette situation, ne sert plus qu’à rembourser. On estime à plusieurs millions, sur les dizaines millions d’emprunteurs à qui les banques ne demandaient pas de justifier leurs revenus, les victimes de cette crise (6). Il leur reste à vivre dans les camps de mobil-homes qui fleurissent à la périphérie des grandes villes américaines. Comme ces immeubles se retrouvent vendables à très bas prix, des sociétés se sont spécialisées pour les racheter et les mettrent en location. Le comble : il arrive que ces logements soient loués à ceux qui en ont étés expulsés !!!  Le rêve américain s’est transformé en cauchemar !!

Là où les économistes capitalistes parlent d’erreurs, de décrochage, d’instabilité du système ou manque de sagesse des spéculateurs, on y voit le fondement même du système : la recherche du profit à outrance même si cela passe par des procédés sans scrupules, sans éthiques voir même à la limite de la légalité. Ces acteurs, les banquiers, qui se présentent sous des couverts respectables, spéculent à mort sur les plus pauvres. L’expansion du marché est une condition de survie du capitalisme. Le système capitaliste ne peut donc mener qu’à l’expropriation du travailleur. En transformant artificiellement le travailleur en « propriétaire »(on n’est pas vraiment propriétaire si on rembourse toute sa vie), il lui reprend son salaire sous forme de prêts fonciers et d’intérêts remboursable à vie. C’est au moment même où le capitaliste « permet » au salarié d’être propriétaire que se termine, pour le travailleur, le processus de son expropriation et qu’il devient pauvre pour toute sa vie. Le cercle est refermé (voir encart). La crise du « Subprime » n’est donc pas un avatar ou une escroquerie de délinquants mais fait partie de la structure même du système capitaliste.

Et en Belgique ?

  Dans notre pays, avec la hausse ininterrompue de l’immobilier depuis 10 ans et, la baisse effective des salaires par rapport au coût de la vie due, entre autre,  à la non indexation réelle des salaires et tous les procédés visant à freiner les salaires, il devient de plus en plus difficile pour les travailleurs d’acquérir leur logement. En effet, Le prix moyen d’un logement est de 160.000 euros. Ce prix est monté en moyenne de 50% lors des quatre dernières années, avez-vous vu une étude d’ Immotheker réalisée pour Het niewsblad, conclu qu’il est devenu pratiquement impossible pour une personne seule d’avoir un prêt hypothécaire, ainsi que pour près de la moitié des couples à deux revenus. En 2003 la proportion de couples capables d’acheter leur maison était de 66% et celle des isolés de 14,2%. Cette possibilité est descendue à 50% pour les couples et à 6,3% pour les personnes seules. Encore que dans bien des cas l’aide des parents est nécessaire sous forme de capital de départ ou sous forme d’aval du prêt. Dans ce cas, les parents mettent leur propre maison en gage pour le crédit hypothécaire de leur enfant. Sachant que pour la génération actuelle, il est de plus en plus difficile de mettre de côté, il deviendra pratiquement impossible aux travailleurs actuels d’aider leur propre enfant.

 Vu la chute générale des revenus, une des solutions avancées par les banques belges pour quand même accorder des prêts est d’allonger la durée des prêts hypothécaires. Si on rembourse plus longtemps on rembourse moins par mois, mais, la somme totale remboursée sera beaucoup plus importante. La durée moyenne des prêts était de 20 ans mais est maintenant de 25 ans avec une proportion, encore petite de 30 ans. Les prêts à 40 ans sont encore fort peu nombreux car la loi oblige que la totalité du prêt soit remboursé avant l’âge de la pension. Il est vrai que ces prêts de 40 ans sont de plus en plus nombreux en France et en Italie. Il est intéressant de suivre cette évolution avec attention.

Pareille situation peut-elle arriver en Belgique ?

  Avec notre législation actuelle, on peut dire que des prêts « subprime » sous la forme américaine sont impossibles à accorder. Même si les emprunteurs sont aussi sujets au « credit scoring », la loi interdit de prêter aux travailleurs qui n’ont pas le score minimum. Donc, en principe, la solvabilité (la capacité à rembourser) du travailleur doit être prouvée. De même, les taux variables, contrairement aux USA, ne peuvent généralement être revus à la baisse ou à la hausse que tous les 5 ans et dans une marge de -2% à +2%. Mais il y a un hic : lorsque le chômage, la maladie ou le divorce entre en jeu. C’est très souvent le cas des travailleurs se trouvant en situation de non remboursement car rien n’est prévu si les revenus du ménage viennent à chuter à cause de vicissitudes malheureuses de la vie. La loi devrait prévoir une sorte de moratoire dans tels cas. Les mensualités devraient être automatiquement adaptées aux nouveaux revenus. De même en cas de grève de longue durée dans son entreprise, le travailleur devrait voir ses mensualités reportées à la fin du conflit.

 Cette impossibilité croissante d’acquérir une maison et le manque chronique de logements sociaux poussent les travailleurs à se tourner vers le privé (la location) avec comme conséquence la hausse vertigineuse des loyers vu que la demande de logements décents dépasse fortement l’offre. Raison pour laquelle on voit fleurir dans les grandes villes les logements insalubres proposés par les marchands de sommeil. Ceux-ci n’étant en fait qu’une des conséquences du système capitaliste lui-même.

Il était pourtant possible d’éviter cela

 En Belgique, à l'origine, la possibilité pour le travailleur de devenir propriétaire de son logement a été donné par la classe politique catholique qui y voyait un moyen de ne pas investir dans des logements sociaux. C'était surtout un moyen de diminuer la responsabilité de l'état en matière de logement et de créer un marché juteux pour le capitalisme. En effet, si l’état mettait à disposition du travailleur des logements sociaux de bonne qualité en suffisance, beaucoup n’achèteraient pas leur maison privant du même coup la manne de profit qu’engendrent les intérêts des prêts hypothécaires.

 

(1) Travailleurs déclarés à très bas revenus. En voie de généralisation dans tous les pays capitalistes. Les revenus de ces travailleurs ne suffisent pas à mener une vie digne.

(2) Les banques spécialisées dans ces crédits hypothécaires incorpore d’ailleurs le terme dans son nom. Par ex : American home mortage.
(3) On voit dans le nom même la finalité de ce type de prêt.

(4) Fanny Mae et Freddy Mac : mastodontes parapublics des prêts immobiliers US qui pèsent plus de 50% du marché des prêts immobiliers aux Etats-Unis. En fait, la loi américaine n’oblige plus à posséder les 20% du capital pour acquérir le bien immobilier. Seule le bien servait de gage en cas de cessation de paiement.
 Attention même si ce sont des organismes parapubliques, une partie du capital est privé. Par ex Fanny Mae : -AXA 4.5%,Bank of America 1.7%,Barklays 5.1%, Fidelity 8%,Capital Research 6.9%. Freddy Mac : AXA 4.7%,Barclays 4.6%,Allianz 2.4%,Fidelity 7.9%,Goldman Sachs 3.3%. Il est facile d’imaginer les pressions qu’on pu faire ces banques privées pour faire changer la loi.

(5) Taux d’intérêts au jour le jour fixés par les banques centrales d’un pays ou d’une union monétaire afin de réguler l’activité économique. Par ex : comme les banques empruntent entre elles ou à la banque centrale, leur taux d’intérêts appliqués à leurs clients doivent être forcément plus haut que ceux de la banque centrale afin de réaliser des bénéfices.
(6) On estime à 1,25 millions de ménages US en cessation de paiement en 2006. Ce chiffre fatalement sera en augmentation en 2007.

Encart :

Il impossible de comprendre le lien social irrationnel du monde de production capitaliste qui lie la montée des taux d’intérêts et la hausse de la valeur des biens immobiliers sans revenir à la théorie de la rente foncière. Le prix foncier est formé par la capitalisation de la rente foncière. Autrement dit le loyer moyen est l’intérêt du capital représenté par le prix du bien immobilier. Cela se comprend aisément dans le fermage mais apparaît moins clairement dans le cas de l’acquisition du logement. Etrange mais mathématique : si les taux montent, le prix immobilier baissent et l’inverse est vrai aussi. En fait moins un bien immobilier est cher plus l’intérêt est grand. Lorsque le marché de l’immobilier est bas, les taux sont hauts et sur base d’un remboursement en 20 ans, vous rembourserez au total une somme plus importante que si vous achetez un bien devenu cher lorsque le marché immobilier est en hausse. Le système capitaliste fera alors descendre les taux d’intérêts afin de continuer à vendre et au final, toujours sur base d’un remboursement en 20 ans, vous aurez remboursé moins que lorsque le marché est en baisse. De même, Marx, dans la théorie de la plus-value nous dit ceci : sans la propriété foncière, "Une condition de production tout à fait essentielle, et -à part l’homme et son travail- la seule condition de production originelle, ne pourrait pas être cédée, ne pourrait pas être appropriée et, partant, elle ne pourrait faire face à l’ouvrier comme propriété d’autrui ni faire de lui un salarié. (...) De fait, la production capitaliste en général aurait cessé d’exister." (Marx, Théorie sur la plus-value). La propriété foncière, est en fait l’expropriation des travailleurs de sa terre et de son habitat. C’est bien, même à travers cette crise du subprime, la propriété privée des moyens de production dans les mains d’une poignée de capitalistes qui est la cause de l’expropriation de l’homme.

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La poste est là pour l'argent et non pas pour les gens !!

 

affiche poste

Tout le quartier Liège-Ouest privé de bureaux de poste

 Fin juin, La Poste a annoncé la fermeture des deux bureaux du quartier Sainte-Marguerite, privant ainsi plus de 20 000 habitants du service public. La résistance s’organise.

 « C’est une catastrophe, nous confie un commerçant d’origine italienne." Déjà que le bus ne passe plus, si on nous enlève ce noeud social qu’est La Poste, on ne verra plus personne, c’est la mort du quartier. » Sainte-Marguerite est un quartier majeur de la ville de Liège, le second en importance. En y ajoutant l’ancienne commune de Glain, « Liège-Ouest » compte plus de 20 000 habitants. Ce quartier à forte connotation ouvrière accueille plus de 35 % d’émigrés de toutes origines, on peut y faire « le tour du monde » en dix minutes. Le premier bureau fermera à la mi-octobre et le second en janvier 2008. Déjà plusieurs boîtes postales ont été supprimées. Alors que ces deux bureaux ne désemplissent pas, La Poste dit qu’ils ne sont « pas rentables ».Il est vrai, vu le niveau social du quartier, qu’on y fait peu de placements financiers.

 L’annonce de la fermeture des deux bureaux fut un électrochoc pour les habitants. Ceux-ci, déjà déshérités par le haut taux de chômage, la mauvaise qualité de nombreux logements et la raréfaction des commerces, se sentent une nouvelle fois abandonnés par les pouvoirs publics.

Les habitants refusent la fermeture

 Un pensionné mineur (le quartier comptait plusieurs charbonnages) demande : « Que vont faire les personnes âgées ou ceux sans voiture ? » En effet, une fois les bureaux fermés, le plus proche sera à plusieurs kilomètres. Soit au centre ville, soit dans la commune d’Ans.

 Une pétition soutenue par le PS et le MR s’est mise à circuler dans le quartier. Comme la fermeture des bureaux est une conséquence de la libéralisation des services publics, signée par la coalition MR-PS du gouvernement sortant, de nombreux travailleurs ont décidé de ne pas la soutenir, trouvant cette position contradictoire.

 Avec l’aide de la section locale du PTB, une autre pétition, qui a déjà recueilli plus  de 1 000 signatures, circule dans le quartier et sur internet. 4 000 tracts dénonçant la situation ont été distribués et plus de 100 affiches fleurissent aux fenêtres des commerçants et des maisons privées. Une première réunion a rassemblé 25 personnes le 20 août. Chacun a écouté avec intérêt les explications de Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB. Tout le monde a pu s’exprimer sur les actions à mener. Il a été décidé qu’une seconde réunion ouverte à tous se tiendra en septembre. La pétition avec toutes ses signatures, sera remise au conseil communal et envoyée à la direction de La Poste. Une action devant les bureaux de poste est prévue.

 Vu que des actions et des comités voient le jour un peu partout, ne faudrait-il pas une coordination à l’échelon national ? Pour que La Poste soit de nouveau là pour les gens, et pas pour l’argent.

 

Pétition contre la fermeture des bureaux de Liège-Ouest :

http://www.lapetition.be/petition.php?petid=486

Pétition contre la fermeture du bureau de Herstal :

http://www.lapetition.be/petition.php?petid=493

14/09/2007

Videos De Che Guevara

 

01/09/2007

La Belgique en 2010

dessin poste

Cliquez sur l'image pour aller signer la pétition contre la fermeture des bureaux de poste de Liège-Ouest !!!

20.000 habitants vont se retrouver sans bureau de poste. Merci à vous.