09/02/2007

Développement Durable Pour qui ?

Le développement durable est-il une solution ?

 Depuis la publication du rapport Stern(1) sur les conséquences économiques du réchauffement climatique, il ne se passe plus un jour sans que nos médias et nos décideurs politiques nous parlent de « développement durable ». Que vise-t’ il exactement ?

 Ce terme a été défini en 1987 (bien qu’il soit né plus tôt) par la commission mondiale sur l’environnement et le développement dans le rapport Brundtland (2) et il vise à imposer les conditions nécessaires pour arriver au «développement durable», raison pour laquelle tous les politiciens du monde capitaliste s’y réfèrent, y compris les écologistes politiques.

 Il nous dit : « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de «  besoins ", et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir ».

 En analysant cette définition, nous pouvons en retirer deux conclusions :

-Chaque être humain a droit aux ressources de la terre

-Chaque être humain a le droit d’utiliser les ressources terrestres mais il doit assurer leur utilisation par les générations futures.

 Ces buts sont forts louables mais, dans une société basée sur le profit à outrance, sur une planète où 20% des habitants consomment 80% des ressources il est impossible pour ces 20% d’avoir un développement durable et encore moins pour les autres. Il nous faudrait pour arriver à ces deux idéaux un partage totale de la richesse planétaire. En fait, il ne vise qu’à assurer la pérennité du système capitaliste qui épuise toutes les richesses terrestres afin d’accroître les bénéfices des multinationales.

 Pouvons-nous en douter (assurer la pérennité du système capitaliste) ?

  Plusieurs citations des plus grands dirigeants capitalistes ne permettent pas d’en douter :-« Le développement durable, c'est tout d'abord produire plus d'énergie, plus de pétrole, plus de gaz, peut-être plus de charbon et de nucléaire, et certainement plus d'énergies renouvelables. Dans le même temps, il faut s'assurer que cela ne se fait pas au détriment de l'environnement. »(3)
-« Développement durable. Un accélérateur de croissance pour les Entreprises. »(4)

-« Vous voulez sauver la planète et vous avez raison ! Le développement durable (...) ce n’est pas la croissance zéro, c’est la croissance durable. La (...) révolution que je vous propose, c’est de faire du développement durable le critère de toutes nos politiques publiques. (...) En investissant dans le nucléaire qui ne produit pas de gaz à effet de serre. »(5)

Des citations comme celles-là peuvent se trouver par centaines dans les médias. J’ai choisi expressément des citations françaises car l’environnement est inscrit dans leur constitution.

Développement durable : une schizophrénie !

 L’expression «développement durable» est à tout le moins équivoque et frise même la schizophrénie. En effet, derrière le mot développement se cache «croissance capitaliste» et non le développement humain qui est généralement admis comme facteur d’épanouissement de l’humanité. Derrière le mot «durable» se cache l’idée que cette même croissance doit se poursuivre et s’amplifier durablement. Le travailleur pourra en déduire qu’il est impossible de combattre le réchauffement climatique avec ce concept car il permet de continuer à piller les ressource naturelles et à surproduire, ce qui induit forcément une surpollution, afin d’assurer le profit capitaliste. Nous analyserons plus en détail dans un autre article.

(1)     Fin octobre 2006

(2)     Du nom de sa présidente la Norvégienne Gro Harlem Bruntland

(3)     Michel de Fabiani, président de BP France, 4e rencontres parlementaires sur l'énergie, jeudi 11 octobre 2001

(4)     Déclaration du medef, l’équivalent français de la FEB

(5)     Nicolas Sarkozy, président de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP), Université d'été des Jeunes Populaires à Marseille, le dimanche 3 septembre 2006

 

11:26 Écrit par Fran dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ecologie, climat, politique |  Facebook |

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