29/01/2007

Nos salaires sans cesse en baisse !!

  L’AIP (accord interprofessionnel qui gère nos salaires pour 2007/2008 vient d’être voté par les syndicats. Voyons comment il se présente comme un arrachage des miettes que le patronat et le gouvernement veulent bien nous accorder.

Ce qui serait vraiment "révolutionnaire" est le réel partage des bénéfices indécents engendrés par les grosses sociétés, ils ont augmentés de 3 x en 3 ans.

Il est vrai et, j'en suis heureux, que les 200.000 travailleurs concernés par l'augmentation du salaire minimum garanti recevront 25 euros BRUTS par mois. Un simple calcul permet de voir à quel point ce sont des miettes. Après les retenues fiscales, il devrait rester +/- 13 eur net, juste de quoi payer 8 pains par mois (j'espère que les travailleurs n’ont pas trop faim)... En voilà une belle augmentation !!!

 Notons que cela ne concerne pas les travailleurs en dessous de 21 ans mais, aux yeux des patrons et du gouvernement, ce sont sûrement des « sous-travailleurs ».

 Ne croyez-vous pas que ce « cadeau» de 25 eur (qui était aussi un projet de M. Di Rupo) sert surtout à faire passer la pilule sur toutes les mesures de régression sociale que contient cet AIP ? Surtout, et c'est important, que cette augmentation sera financée en partie par l'état donc par tous les travailleurs, ce qu'on donne d'une main est retirée par l'autre.

 En l’analysant point par point, on peux s’apercevoir que tout le reste est une attaque contre les acquis des travailleurs. La flexibilité et les heures supplémentaires (financées en partie par les travailleurs avec l’allègement fiscal), augmente la durée du temps travail alors qu'il y a 600.000 chômeurs, n’est-ce pas aberrant? Tôt ou tard, la durée du temps de travail augmentera sans compensation de salaire comme cela s'est passé chez VW Allemagne.

Dans L’AIP, on parle de lutter contre l’alcoolisme et les drogues, ce qui en soit est une très bonne chose mais, c’est aussi un moyen de licencier pour faute grave donc sans indemnités. Il y a danger qu’une bonne intention se transforme en répression. Il est vrai que «le chemin de l’enfer est pavés de bonnes intentions».

L’accord parle d’une augmentation MAXIMALE des salaires de 5% (norme salariale, ce % peut être revu à la baisse) mais cela est basé (entre-autre) sur l’index lissé et non le vrai index qui correspond à l’ augmentation du coût de la vie. Ex, les produits pétroliers ne sont pas repris dans l’index lissé alors que leur augmentation depuis 1996(date de la mise en place de la loi salariale) a été la plus forte. En 10 ans, les prix ont augmentés de 19% (source http://www.oivo-crioc.org/textes/1562.shtml), mais le salaire net, la capacité d’achat, n’a pas augmenté de 19%, bien loin de là. Ceci prouve que le travailleur s’appauvrit alors que les bénéfices des sociétés sont en constante augmentation.

Un bon exemple vaut mieux qu’un grand discours, le salaire minimum garanti passera de 1258,91 eur brut(source http://www.csc-en-ligne.be/Images/allocations-oct06_tcm22-103322.pdf) à 1283,91 eur brut, ce qui devrait lui laisser +/- 1100 eur net. Le loyer moyen étant de 450 eur et les frais d’énergie (chauffage, électricité, eau) de +/200 eur, ce sont des besoins de base dont on ne peut se passer, il reste à peine 450 eur pour tout le reste, y compris toutes les autres taxes (communales, tv, poubelles etc). Je le répète, j’espère que le travailleur n’a pas trop faim !

En continuant ainsi, dans 10 ans, nous serons revenus à la situation de nos grand-parents, travailler uniquement pour notre survie en balayant 60 ans de lutte pour nos acquis sociaux. Quelle belle perspective d’avenir ! Il n’est donc pas étonnant de voir, certains secteurs syndicaux refuser l’AIP, ce qui est vraiment étonnant, c’est que nos instances syndicales (je parle des dirigeants et non pas des délégués et militants de base qui continuent à se battre contre cet appauvrissement) ne refusent pas d’office cet accord.

Tout ceci n’est pas une fatalité, l’histoire des luttes sociales, nous prouve à suffisance qu’il est possible d’arracher plus que des miettes au patronat et à son serviteur, l’état « démocratique » parlementaire. Il nous faut tous lutter à l’intérieur de nos syndicats, toutes tendances confondues, pour leur rendre la combativité des générations qui nous ont précédés. En les condamnant et en les abandonnant, les travailleurs commettraient l’erreur de laisser libre-cours aux intentions patronales : la totale régression sociale !!!

J’en terminerai par une petite dose d’humour : FEB ((association des patrons) et décideurs gouvernementaux, faites encore un petit effort, ne baissez pas les bras et, nous, les travailleurs seront vraiment redevenus, comme avant la guerre 40-45 de pauvres bêtes de sommes dont la seule utilité est de vous rendre toujours plus riches à la sueur de notre front !!

 

10:26 Écrit par Fran dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : salaire, syndicat, social |  Facebook |

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